Walid Raad se voit refuser un prix artistique pour avoir refusé de condamner le mouvement BDS


Le quotidien allemand Der Tagesspiegel a rapporté que l’artiste libano-américain Walid Raad s’est vu refuser un prix (qu’il allait recevoir), parce qu’il n’a pas accepté de condamner le mouvement de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) qui cherche à faire pression sur le gouvernement israélien pour changer sa politique vis-à-vis des Palestiniens. La ville allemande de Aachen (Aix-la-Chapelle) avait choisi Raad comme récipiendaire d’un prix pour The Atlas Group, son projet de quinze ans qui raconte l’histoire de la guerre civile et du soulèvement social au Liban. Mais le maire d’Aix-la-Chapelle, Marcel Philipp, a publié une déclaration disant que « après enquête, nous devons supposer que le récipiendaire choisi pour le prix soutient le mouvement de BDS ». Quand Raad a refusé de prendre des distances par rapport à BDS, le prix lui a été retiré.

On peut lire l’article original en allemand ici. La traduction anglaise est ci-dessous

Pas de prix de la ville d’Aix-la-Chapelle pour Walid Raad

La ville d’Aix-la-Chapelle refuse son prix artistique à l’artiste libano-américain Walid Raad à cause de sa proximité avec BDS.

Sur la base d’accusations d’antisémitisme, la ville d’Aix-la-Chapelle ne remettra pas, comme il était prévu, son prix artistique à l’artiste libano-américain Walid Raad. Elle se retire cette année de la cérémonie qui a lieu traditionnellement en collaboration avec l’association des amis de l’art du Ludwig Forum et les commerces d’Aix-la-Chapelle, a-t-elle indiqué dans un communiqué.
« Nous devons considérer le fait que, selon des investigations appropriées, le récipiendaire du prix choisi est membre du mouvement BDS et a participé plusieurs fois à des actions pour le boycott culturel d’Israël », a déclaré le maire Marcel Philipp (CDU) dans sa justification. Questionné là-dessus, Raad ne se serait pas suffisamment distancié du mouvement classé par le parlement du Land comme antisémite.

Avec ce prix Raad devait en octobre être honoré pour son projet de quinze ans « The Atlas Group » dans lequel l’artiste, né en 1967, se penche sur la violente histoire du Liban.

Il y a eu dernièrement un cas semblable dans la région de la Ruhr : la ville de Dortmund n’a pas remis son prix Nelly-Sachs à l’écrivaine Kamila Shamsie, qui a participé à des appels au boycott contre Israël. Shamsie s’engage aussi en faveur du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) qui veut isoler Israël économiquement, culturellement et politiquement. (dpa)