Utilisation par Israël de boucliers humains à Gaza


Le gouvernement israélien a tenté de s’absoudre de ses meurtres aveugles de civils en prétendant que les combattants de la résistance se cachaient parmi la population, alors qu’en fait il n’y a aucun endroit sûr dans la bande de Gaza. Nous avons publié l’information que les forces israéliennes ont utilisé des civils palestiniens comme boucliers. Ce n’est pas la première fois.

L’armée israélienne utilise des civils palestiniens comme boucliers humains, va nous révéler un nouveau rapport de l’Observatoire Euro-Mid pour les droits de l’homme. Une équipe d’enquête de cette organisation non gouvernementale, basée à Genève et dans la bande de Gaza, a recueilli des témoignages de première main de plusieurs familles, en différents endroits, qui décrivent leur enlèvement et leur utilisation comme « boucliers » par les soldats israéliens, pendant des heures.

« Le gouvernement israélien a tenté de s’absoudre de ses meurtres aveugles de civils – dont plus de 400 enfants – en prétendant que les combattants de la résistance se cachaient parmi la population, alors qu’en fait, il n’y aucun endroit dans la bande de Gaza qui soit à l’abri des bombes et des obus, » dit Ramy Abdu, président d’Euro-Mid Observer. « Au lieu de cela, ce que nous avons révélé c’est que les forces israéliennes ont bel et bien utilisé des civils palestiniens comme boucliers alors qu’ils tuaient leurs voisins. »

L’une de ces victimes, Ramadan Muhammad Qadeeh, qui vit à Khuza’a, dans le sud de la bande de Gaza, a raconté l’épreuve atroce de sa famille dans un entretien enregistré sur vidéo par Media Town, et diffusé par Euro-Mid, le 9 août. Une attaque israélienne avait rasé une grande partie de Khuza’a, laissant des rues entières dévastées et le dôme d’une mosquée, auparavant imposant, ramené au niveau du sol. Un homme a rappelé avoir compté 360 tirs d’obus en simplement une heure. La plupart des 14 000 habitants de la ville avaient fui.

Le 25 juillet, dit Qadeeh, il était dans sa maison avec sa famille élargie de 27 membres, incluant 19 femmes et enfants. À 13 h, les forces israéliennes ont fait irruption dans la maison. Son père de 65 ans, Muhammad Qadeeh, qui détient un titre de voyage espagnol, a essayé de dire aux soldats qu’ils étaient des civils, le répétant une fois en hébreu et puis en arabe. Alors qu’il faisait un pas en direction des soldats, l’un d’eux lui a tiré deux balles directement dans le cœur, à une distance d’un mètre. Il est mort aussitôt, devant sa famille.

« Ensuite, ils nous ont ordonné d’enlever nos vêtements et ils nous ont lié les mains. Ils nous ont emmenés dans l’une des pièces et nous ont utilisés comme boucliers, nous plaçant devant les fenêtres comme si nous regardions dehors » dit Qadeeh. « J’étais à une fenêtre et trois enfants de ma famille à une autre. Les soldats ont alors commencé à tirer autour de nous. »

Les membres de la famille ont été conduits dans plusieurs pièces, devant différentes fenêtres, alors que les balles sifflaient autour d’eux, et ce, pendant plus de huit heures, sans manger ni boire. « C’était terrifiant, je ne sais pas comment nous avons survécu, » dit-il.

Dans un autre incident, le 23 juillet, Ahmad Jamal Abu Reeda, 17 ans, dit qu’il a été retenu par les troupes israéliennes qui menaçaient de le tuer. Après l’avoir durement interrogé et frappé, les troupes ont ordonné à Abu Reeda de marcher devant eux à la pointe d’un fusil, escorté par des chiens policiers, pendant qu’ils fouillaient des maisons et d’autres bâtiments. Plusieurs fois, ils lui ont demandé de creuser à des endroits où ils soupçonnaient qu’il y avait un tunnel. Abu Reeda a été contraint de rester avec les forces israéliennes pendant cinq jours.

Euro-Mid Monitor note que la pratique israélienne d’utiliser les Palestiniens comme boucliers humains n’est pas nouvelle. Il a précédemment documenté un incident où les forces militaires israéliennes avaient pris d’assaut une maison dans le village de Silwad, près de Ramallah, en Cisjordanie, et l’avaient utilisée comme poste d’observation pour snippers. Les habitants de la maison – deux Palestiniens âgés de nationalité américaine – avaient été gardés ensemble dans l’une des pièces, après confiscation de leurs téléphones.

« Le droit humanitaire international interdit l’utilisation de civils comme boucliers humains, » dit Abdu. « Les forces combattantes doivent tout faire pour protéger les civils qui ne sont pas impliqués dans les meurtres, et s’assurer qu’ils sont tenus à l’écart du danger. Israël doit rendre des comptes devant les organismes chargés de faire respecter le droit international ».