Un vote historique, l’association des étudiants des universités de Californie approuve l’appel au désinvestissement en soutien aux droits des Palestiniens


Dans la matinée du 8 février 2015, des centaines d’étudiants étaient rassemblées dans le hall international Tom Bradley, à l’UCLA, alors que l’Association des étudiants des universités de Californie (UCSA) délibérait sur les motions soutenant le désinvestissement des entreprises engagées dans la violation systématique des droits palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza occupées. Des étudiants venus de toute la Californie étaient présents pour exprimer leur soutien au désinvestissement, et pour mettre en valeur les près de 90 organisations qui, dans tout l’État, s’étaient joints à l’appel pour que l’UCSA approuve le désinvestissement. Ce vote historique est passé avec une majorité de 9 voix pour, une contre, et 6 abstentions (lire ici le texte intégral de la motion de désinvestissement).

L’Association des étudiants des UC est la voix officielle du corps étudiant des universités de Californie, et elle représente des centaines de milliers d’étudiants diplômés de premier, deuxième et troisième cycle, dans tout le système universitaire californien. Aujourd’hui, elle est devenue la première association multi-campus à voter en faveur du désinvestissement. Ce vote déterminant constitue sans nul doute la plus grande victoire à ce jour du mouvement de désinvestissement sur les campus aux États-Unis.

Depuis 2012, les universités Irvine, San Diego, Berkeley, Riverside, Los Angeles, et Davis, de Californie, ont vu votées des résolutions sur leur campus par les gouvernements d’étudiants de premier et deuxième cycle appelant les Regents (les conseils d’administration) des UC à retirer leurs capitaux et fonds de pension des entreprises comme Raytheon, Hewlett-Packard, Caterpillar, et Cemex, qui encouragent et profitent de l’occupation d’Israël des territoires palestiniens, de ses constructions de colonies en violation du droit international, de ses violentes campagnes de bombardements à Gaza, et de ses constructions de check-points et de murs à travers la Cisjordanie. En outre, le syndicat de niveau national qui représente les chargés d’enseignement, les assistants et les directeurs d’étude – l’UAW 2865 – a organisé récemment un vote de ses adhérents, au niveau national, où près des deux tiers ont voté en faveur du désinvestissement.

Le chapitre du groupe des Étudiants pour la Justice en Palestine et leurs nombreux alliés à travers les universités californiennes ont applaudi et fêté la décision de l’UCSA pour affirmer un militantisme étudiant, appuyer l’appel au désinvestissement, et l’ont dirigée d’emblée vers les Regents des UC.

Citations concernant la victoire du désinvestissement :

UC Berkeley : la vice-présidente externe, Caitlin Quinn, a commenté ainsi la nature de cette victoire et la relation de l’UCSA avec le corps étudiant : « Je suis si fière que nous l’ayons adopté, et reconnaissante, et aussi modeste au vu des années d’organisations qui nous y ont conduits. Le travail est loin d’être fini, mais finalement, l’UCSA a pris la position progressistes que de nombreux étudiants attendaient ».

UC Riverside : le bureau du vice-président externe a abordé la question de la responsabilité, déclarant : « Nous sommes conscients de la fâcheuse réalité d’un conseil d’administration qui a un bien maigre bilan en termes de respects des appels démocratiques venant des organes d’étudiants dans les universités de Californie… En tant qu’adeptes convaincus de la protection de l’expression par l’action, nous attendons avec intérêt d’être sûrs que l’UCSA reste vouée au travail crucial à poursuivre pour une campagne efficace ».

UCLA : l’étudiant Safwan Ibrahim a tenu ce propos sur le sens du désinvestissement pour les Palestiniens aux UC : « En tant qu’étudiant palestinien dans le système universitaire de Californie, je trouve incroyable la somme de solidarités intersectionnelles à travers les campus, et d’assister à cette évolution des débats à propos du soutien des droits de l’homme des Palestiniens. Il est particulièrement motivant de voir les représentants de l’UCSA prendre la responsabilité de porter nos voix aux Regents ».

UC Irvine : les Étudiants pour la Justice ont publié une déclaration, insistant sur la relation entre le mouvement étudiant et l’appel de la société civile palestinienne : « En tant qu’étudiants privilégiés vivant dans cet État, il est de notre devoir de respecter l’appel des Palestiniens pour le BDS et de promouvoir le désinvestissement des entreprises qui profitent et participent à la violation des droits humains palestiniens… Nous espérons voir une Palestine libérée de notre vivant ».

UC Santa Cruz : le comité pour la Justice en Palestine a publié une déclaration, écrivant : « Ce vote est un produit de la lutte monumentale qui s’est étendue sur des décennies. C’est une victoire qui a ouvert de nouveaux fronts pour la lutte pour la justice en Palestine. Nous tenons à remercier tout spécialement tous nos alliés, sans lesquels nous n’aurions jamais réussi à ce point ».

UAW-2865 : l’adhérent Alex Holmstrom-Smith a commenté ainsi le sens de ce vote pour les étudiants diplômés et les salariés-étudiants : « Je suis heureux que l’UCSA ait écouté la voix des étudiants diplômés et des salariés-étudiants qui, plus tôt dans l’année, ont voté à une écrasante majorité le soutien au BDS et à l’appel palestinien pour la justice ».

Les étudiants des précédentes campagnes de désinvestissement ont aussi fait part de leurs sentiments sur la nature historique de cette réussite. Réflexion de l’étudiant diplômé de l’UC Berkeley, Emiliano Huet-Vaugh : « Quand nous avons présenté le projet initial de désinvestissement à Berkeley en 2010, nous savions que la position en faveur du désinvestissement deviendrait au bout du compte consensuelle. Il est remarquable que les militants étudiants dans toute les UC aient fait que ce jour vienne aussi vite. Les Regents devraient marquer ce moment comme l’un de la fière tradition du militantisme étudiant des UC, et décider sérieusement s’ils veulent se souvenir de la génération actuelle des étudiants des UC, et aussi des dirigeants de demain, en tant que soutiens, ou en tant qu’obstacles, pour la justice ».