Un prisonnier palestinien suspend sa grève de la faim après qu’un accord a été réalisé en vue de sa libération

Khalil Awawdeh, qui a suivi une grève de la faim pendant presque 200 jours et qui était en danger imminent de mort, doit être libéré en octobre


Le prisonnier palestinien Khalil Awawdeh a suspendu sa grève de la faim, en cours depuis presque six mois, après qu’un accord a été réalisé pour qu’il soit libéré de la détention administrative israélienne.

La date prévue pour la libération d’Awawdeh est le 2 octobre, selon le bureau de soutien aux prisonniers et de défense des droits humains (Addameer).

Le Club des Prisonniers palestiniens a lui aussi confirmé l’information concernant la date de sa libération, en partageant une vidéo d’Awawdeh sur Facebook. Le Club précise qu’il restera au Shamir Medical Center jusqu’à sa libération.

’Le club a félicité Khalil pour cette victoire de sa volonté, fruit d’une accumulation des victoires de ses camarades prisonniers qui ont mené au long des années des grèves contre la détention administrative, et il a félicité sa famille du fait qu’il a la vie sauve’, a déclaré le groupe dans un post Facebook.

Cette information nous parvient plusieurs jours après qu’une délégation de l’Union européenne auprès des Palestiniens s’est déclarée ’choquée’ de voir des photos du corps émacié du prisonnier.

La délégation s’est exprimée avec force : ’À moins qu’il ne soit inculpé sans délai, il doit être libéré’.

Cet homme âgé de 40 ans vit dans le village d’Idhna, près de la ville d’Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée. Il a été arrêté cinq fois et il a passé au total 13 ans dans les prisons israéliennes.

Israël l’a accusé d’être un militant du groupe du Jihad islamique palestinien (PIJ).

Ce mouvement a annoncé le mois dernier qu’il était parvenu à une entente avec Israël pour la libération d’Awawdeh et Bassam al-Saadi, personnalité du PIJ à Jénine, dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu suite à l’opération militaire d’Israël contre la Bande de Gaza, le mois dernier.

Cependant, les autorités israéliennes avaient démenti ces propos, ayant déclaré auparavant que Saadi et Awawdeh seraient maintenus en détention.

Awawdeh a passé six ans au total en détention administrative sans inculpation ni jugement. Il est marié, père de quatre filles.

Tout en a annonçant qu’Awawdeh mettait fin à sa grève de la faim, Addameer a lancé un appel à une grève de la faim collective des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, pour mettre en lumière les mauvais traitements commis contre les Palestiniens dans ces lieux de détention.

Selon le groupe, cette grève de la faim collective, qui doit commencer en septembre, a pour but de protester contre la réadoption par Israël ’d’une série de mesures collectives, punitives, et de rétorsion contre les prisonniers politiques palestiniens détenus dans les prisons de l’occupation israélienne ’.

’La grève de la faim prévue succède à une série d’actes de désobéissance civile d’intensité croissante
de la part de prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes au cours des deux dernières semaines, notamment des sit-in, des restitutions collectives de repas, et le refus de se soumettre au décompte quotidien des détenus et aux “contrôles de sécurité”’, a précisé Addameer dans un communiqué publié mercredi dernier.

Il y a dans les prisons israéliennes 4 450 prisonniers palestiniens, dont 560 sont placés en détention administrative.

Cette pratique fortement controversée, utilisée presque exclusivement contre les Palestiniens, autorise la détention sans inculpation ni jugement pendant des périodes renouvelables de trois à six mois, sans possibilité de former un recours ou de savoir quelles accusations sont portées contre les détenus.

De nombreux prisonniers palestiniens ont utilisé la grève de la faim pour protester contre cette politique et imposer leur libération.

- Photo : Une des filles du prisonnier palestinien Khalil Awawdeh regarde la photo de son père chez eux, à Idhna, près d’Hébron, en Cisjordanie occupée par Israël, le 23 août 2022 (Reuters)