Stanford doit se desinvestir de l’occupation de la Palestine


Cet été, sur les écrans de télé et d’ordinateurs de toute l’Amérique, l’Opération Bordure Protectrice a une fois de plus éclairé la conscience populaire sur les réalités de l’occupation de la Palestine par Israël. Ce qui s’est passé pendant l’attaque de cet été sur Gaza dément obstinément la déclaration d’Israël comme quoi il agissait pour se défendre. Les militaires israéliens ont tué plus de 2.100 Palestiniens, dont 70 pour cent au moins étaient des civils. Au moins 500 enfants palestiniens sont morts, tandis que 72 Israéliens ont été tués, dont 90 pour cent étaient des soldats.

Stanford Hors de la Palestine Occupée (SOOP) est un collectif croissant d’associations étudiantes et d’individus qui ne veulent pas que leur université investisse dans et tire profit de sociétés qui permettent et profitent de la punition collective, de l’incarcération massive et de la militarisation de la police en Palestine et ailleurs. Pendant le trimestre hivernal, nous porterons une résolution à l’ASSU demandant à Stanford de se désinvestir de sociétés qui facilitent les injustices de l’occupation de la Palestine et en profitent.

Pendant que les campagnes militaires contre les Palestiniens retiennent majoritairement l’attention des médias, l’occupation entraîne une multitude de violations continues des droits de l’Homme. Les Palestiniens des Territoires Occupés, particulièrement en Cisjordanie, vivent sous une législation discriminatoire et inégale – à savoir, la loi martiale israélienne. Les militaires israéliens utilisent régulièrement des gaz lacrymogènes, des balles d’acier enrobé de caoutchouc, des fusils à répétition et des balles réelles contre les Palestiniens qui manifestent contre le mur de séparation, qui protestent contre la saisie de terres par les Israéliens et qui s’opposent à la démolition de maisons palestiniennes.

Nous avons été témoins cet été du même genre d’action à Ferguson, Missouri, quand la police a réagi avec une violence injustifiée face aux résidents qui manifestaient contre l’attitude raciste de la police et le meurtre d’un adolescent non armé, Michael Brown. Les Palestiniens comme les Noirs américains sont confrontés au racisme et à un maintien de l’ordre militarisé lorsqu’ils résistent. Nous ne sommes pas surpris de voir que le précédent chef du Département de la Police du Comté de St. Louis se soit entraîné avec des militaires israéliens, comme l’ont fait des centaines de responsables de la police dans tout le pays, ou qu’un contingent de la solidarité avec la Palestine ait pris part au rassemblement d’octobre à Ferguson. Les oppresseurs se sont retrouvés sur une cause commune – et maintenant, les opprimés aussi. Notre résolution de désinvestissement cherche à prolonger ces liens et à se fonder sur cette solidarité.

Les Israéliens utilisent aussi l’incarcération comme outil de répression sociale et politique. Il y a plus de 6.000 prisonniers politiques palestiniens dans les prisons ou les centres de détention israéliens, dont 200 enfants. Depuis 1967, Israël a détenu plusieurs centaines de milliers de Palestiniens, ce qui signifie que un cinquième de la population palestinienne des Territoires Palestiniens Occupés a, à un moment donné, été emprisonné. Les connections entre la Palestine et les Etats-Unis se retrouvent jusque dans l’incarcération massive et le profit tiré des prisons aussi bien que dans la militarisation de la police. En Amérique, l’incarcération de masse est un outil d’oppression sociale utilisé de façon disproportionnée contre les gens de couleur. Constat choquant, plus de 2 pour cent de la population noire des Etats-Unis ont été incarcérés d’après le Recensement de 2010, taux plus élevé que celui d’Afrique du Sud au sommet de l’apartheid.

Nous sommes à une croisée des chemins. Israël n’est devenu que plus récalcitrant avec le soutien diplomatique et militaire des Etats-Unis et des autres puissances mondiales. Dans les premiers jours de l’Opération Bordure Protectrice, le Premier Ministre Benjamin Netanyahu a déclaré son opposition à la souveraineté palestinienne en Cisjordanie. Dans le regain du massacre qui a suivi à Gaza, Israël a annoncé qu’il s’emparait de 500 hectares supplémentaires de terre palestinienne en Cisjordanie pour y construire une future colonie et a distribué des avis d’expulsion aux Palestiniens qui y résidaient. Au début du mois, Israël a anoncé la construction de 2.600 nouveaux logements pour colons dans Jérusalem Est Occupée. Seule une pression publique internationale obligera Israël à accepter les justes exigences du peuple palestinien. Le désinvestissement à Stanford peut faire augmenter cette pression.

SOOP s’engage à mettre fin à la complicité de notre université dans l’occupation de la Palestine aussi bien que dans les violations des droits de l’Homme dont nos investissements facilitent le maintien. Tant que l’occupation continuera, nous nous tiendrons solidairement auprès des opprimés.

Stanford Hors de la Palestine Occupée

Stanford hors de la Palestine Occupée est un collectif d’associations et d’individus du campus que l’on peut contacter à OutofOccupiedPalestine[at]gmail.com.

Associations : Les Etudiants de Stanford pour la Justice en Palestine, MEChA de Stanford, Réseau de Vigilance des Etudiants Musulmans, Etudiants pour des Alternatives au Militarisme, Alliance Etudiants et Travail, Association des Etudiants Arabes de Stanford, Stanford NAACP.

Individus: Afia Khan ’16, Ameena Tawakol ’17, Ashley Harris ’16, Celina Jackson ’17, Charles Foster ’18, Cole Manley ’15, Di’Vennci Lucas ’17, Ekua Awotwi ’17, Emma Hartung ’17, Fatima Ladha ’17, Hisham Al-Falih ’16, John Carlo Buenaflor ’17, Kelly Hernandez ’16, Kenneth Tea ’17, Kristian Davis Bailey ’14, Kleo Greenwood ’17, Kyle Neil ’17, Lindsey Redd ’17, Musila Munuve ’17, Osama El-Gabalawy ’15, Ramah Awad ’17, Rocio Hernandez ’18, Ruqayya Toorawa ’17, Sarah Houamed ’17, Shelby Sinclair ’15, Siddharth Patel, Sierra Kaplan-Nelson ’16, Skylar Lovett ’18, Stephanie Navarro ’15, Tianay Pulphus ’15, Tesay Yusuf ’18, Trevor Caldwell ’17.