Rania Masri apprend à Barack Obama ce que veut dire « barbare »

| Annie Robbins pour Mondoweiss | Traduction BP pour l’AURDIP |

The English transcript is available at Green Resistance


Ils étaient des milliers d’Austin et de la région à participer à un rassemblement et à une marche de protestation contre l’agression d’Israël contre Gaza, rejoignant les millions qui manifestent dans le monde entier. Bien que la plupart du temps, la manifestation d’Austin du 2 août n’ait pas été signalée.

Et la vidéo de ce rassemblement, du discours virulent du Dr Rania Masri qui admoneste le Président Obama sur son usage du terme « barbare », reçois des milliers de visites chaque jour depuis qu’elle a été reprise par les médias sociaux.

Observez comment la colère déterminée de Rania Masri nous appelle à prendre position et nous engage à nous organiser pour soutenir les Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël. Et lisez bien chaque mot de son discours étonnant, qui a déjà été traduit en trois langues (English version).

« Qu’est-ce que c’est être barbare, M. Obama ?

Hier (1er août), l’Administration Obama a déclaré que l’enlèvement d’un soldat envahisseur israélien par la résistance palestinienne a été - et je cite – « Une action barbare ».

Il semble que le Président Obama et son Administration considèrent la capture d’un soldat d’une armée d’occupation comme quelque chose de « barbare », mais au contraire que le massacre de plus de 1600 Palestiniens dans leurs quartiers, leurs maisons, leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs aires de jeux, sur leurs plages n’est pas barbare.

Nous devons donc dire à M. Obama ce qui est barbare.

Barbare est l’assassinat par Israël de plus de 70 familles de Gaza. Plus de 70 familles palestiniennes perdues.

Barbare, que 300 000 enfants de Gaza ont déjà perdu leur maison ou un proche.

Barbare, que les hôpitaux sont considérés comme des cibles militaires. Six des neuf hôpitaux de Gaza sont détruits et Israël menace d’attaquer les autres.

Barbare, que des quartiers entiers ont été détruits, d’une manière qu’un journaliste a appelée « apocalyptique ».

Barbares sont ces 500 000 missiles pointés sur une zone plus petite que 260 km² (100 milles²).

Barbare est la politique sioniste pour détruire l’économie de Gaza. C’est pourquoi ils ont bombardé la centrale électrique, c’est pourquoi ils bombardent l’infrastructure des eaux usées, c’est pourquoi hier ils ont détruit une usine de crème glacée.

Barbare est le siège imposé à Gaza depuis 2005 et d’avoir clôturé la bande de Gaza depuis 1995. Barbare, l’objectif de ce siège qui est de détruire délibérément l’économie des Palestiniens dans la bande de Gaza, de les paralyser, de les casser. C’est ça, M. Obama, la barbarie.

Barbare, M. Obama, est ce qui émane d’Israël à cette époque : l’appel ouvert au génocide des Palestiniens à Gaza. C’est ce qui est écrit dans les journaux israéliens. C’est l’objectif de l’actuel Vice-Premier ministre, contre les Palestiniens de Gaza. (Note : il a dit : « Nous devons ramener Gaza au Moyen-Age, en détruisant toutes les infrastructures, notamment les routes et les aqueducs. »)

Mais rien de tout cela n’est nouveau pour nous, Palestiniens. Nous l’avons déjà vu. Nous l’avons vu avant. Nous ne sommes pas surpris. J’aimerais que nous le soyons. Mais aucune des choses qui ont été faites contre nous, à Gaza ou à Ramallah ou à Qods (Jérusalem), n’est nouvelle.

Barbare, M. Obama, est le sionisme. Golda Meir, le quatrième Premier ministre d’Israël, a déclaré : « Il n’y a rien ici comme un peuple palestinien ». Être barbare, c’est nier notre identité et nier notre existence.

Barbare est ce que Begin Menachem, autre Premier ministre israélien, a déclaré en 1949, quand il a appelé les Palestiniens « bêtes marchant sur deux jambes ».

Barbare est ce qu’a dit l’historien Benny Morris, historien qui reconnaît que chaque village israélien et chaque ville israélienne en Israël est construit sur un village palestinien ou une ville palestinienne, et pourtant il justifie ce génocide et ce nettoyage ethnique, et il a récemment exhorté au nettoyage ethnique des Palestiniens dans la bande de Gaza. Ça c’est barbare.

Barbare est ce à quoi l’offensive des forces israéliennes appelle. Elles ont dit, en particulier, que les militaires ont reçu l’autorisation légale qui leur permet - et je cite -, de faire « Un grand nombre de victimes civiles. » Et cette déclaration n’a pas été publié en 2014 ; cette déclaration remonte à 2009.

Barbare est Netanyahou quand il dit « nous devons les frapper » - « Pas seulement une fois, mais avec des coups qui seront si douloureux que le prix sera trop lourd à porter. » Et cela a été dit en 2012, ça c’est barbare.

Barbare, lorsqu’on a demandé à Netanyahu ce qu’ils vont dire quand nous détruirons leurs villages et que Netanyahu a répondu. « Le monde ne va dire qu’une chose, le monde va dire que nous nous défendons. »

Le président Obama a dit, et je cite, « Les civils innocents pris entre deux feux doivent peser sur notre conscience. On doit faire plus d’efforts. »

Eh bien, je fais appel à vous, M. Obama, ne faites pas plus. Parce que quand vous faites plus, vous donnez plus d’armes et plus de millions de notre argent à la machine de guerre israélienne. Non, M. Obama, si c’est comme ça que la mort de nos familles pèse sur votre conscience, s’il vous plaît, ne faites pas plus.

Nous devons reconnaître que les crimes commis contre les Palestiniens à Gaza dans les 27 derniers jours ne sont pas nouveaux. Les crimes commis contre les Palestiniens dans la bande de Gaza depuis le siège de 2005 ne sont pas nouveaux. (Ces crimes) ont commencé en 1948.

Nous devons reconnaître ce qui est barbare. Barbare est le racisme. Barbare est la définition des Palestiniens comme « menace démographique ». Une menace démographique et, donc, de considérer l’existence de la Palestine comme une menace pour la survie d’Israël. Notre existence est une menace pour leur survie. Ce qui signifie que le simple fait que nous existons est une justification pour nous tuer. C’est barbare. C’est du racisme. C’est le sionisme. Et c’est ce qui doit cesser.

Nous sommes ici ensemble pour dire, nous demandons un embargo sur les ventes d’armes à l’État d’Israël. Nous appelons à un embargo sur les ventes d’armes à l’État d’Israël.

Nous sommes ici pour demander à la Cour pénale internationale et à la Cour internationale de Justice de traduire les criminels de guerre israéliens devant la justice pour crime de génocide.

Nous appelons à la fin de l’occupation. Nous exigeons la fin du racisme.

Nous sommes avec le ministre des Affaires étrangères de la Finlande, qui a dit que les sanctions contre Israël devront être mises sur ​​la table.

Nous sommes avec les gouvernements de l’Amérique latine - Équateur, El Salvador, Bolivie, Brésil et Venezuela, Chili, Pérou, Cuba -, qui ont expulsé leurs ambassadeurs d’Israël. Nous sommes avec le Président de la Bolivie, Evo Morales, qui a déclaré qu’Israël est un « État terroriste. »

Et je dois ajouter ceci. Nous ne sommes pas seulement du côté des familles palestiniennes - avec leurs femmes et leurs enfants - mais nous soutenons également la résistance palestinienne. Si nous disons que la population a le droit de se défendre - ce qu’un peuple occupé a le droit de faire – alors nous sommes du côté de la résistance palestinienne. Nous sommes solidaires avec la résistance palestinienne.

Et si nous nous opposons au racisme contre les Palestiniens, alors nous devons nous opposer au racisme contre n’importe qui, n’importe où. Ce qui signifie, M. Obama, que nous nous opposons à votre guerre des drones. Nous nous opposons à la guerre des drones. M. Obama, nous sommes opposés à votre politique d’immigration qui sépare les familles au Texas et ailleurs aux États-Unis. Nous nous opposons à la discrimination contre les Afro-Américains et les Latino-Américains et contre toutes les personnes de couleur. Nous disons ceci en tant que Palestiniens et militants des droits humains : fin à la privatisation des prisons dans ce pays, fin à la guerre avec des drones, et fin à tout ce qui est barbare. C’est ce que nous disons.

Et faisons une promesse. Nous faisons une promesse, ici, aujourd’hui. Au nom des Palestiniens, qui sont les personnes les plus résistants que j’ai rencontrées, qui sont debout, et qui le sont depuis 1948, nous promettons que lorsque les bombes s’arrêteront – et elles s’arrêteront –, nous rappellerons notre colère d’aujourd’hui, nous rappellerons nos larmes d’aujourd’hui, et nous ne serons pas abattus.

Tant que les Palestiniens survivent, et ils survivent, tant que les Palestiniens résistent – et, je le jure, nous résistons - nous ne manquerons pas à notre promesse et nous nous organiserons. Cela signifie que chacun d’entre vous promet ici de se lever et d’organiser le soutien à la campagne du Mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions. Nous nous engageons personnellement à nous organiser à Dallas, Houston, Austin, et là où vous vivez au Texas, à soutenir le Mouvement de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions. [Fin de la vidéo]

Nous irons abattre les murs de l’apartheid. Nous allons arrêter les horreurs de l’occupation et le siège. Nous irons faire disparaître la ségrégation sous toutes ses formes. Nous irons unifier nos batailles. Nous irons enseigner la résistance. Promettez-le ! »

Qui est Rania Masri ? Elle est commentatrice politique, habituée des Real News, érudite, militante des droits humains, professeur d’université de sciences environnementales, et écrivain. Son militantisme est centré sur la justice environnementale, les droits civils, contre la guerre, contre l’apartheid, bien sûr de la Palestine, et la liste est longue. Avant son poste actuel comme professeur associé et présidente du Département Sciences environnementales à l’université de Balamand au Liban, Masri dirigeait le Centre du Sud pour la recherche et l’éducation pour la paix à l’institut des Études sur le Sud en Caroline du Nord. Quand elle reviendra au Liban, cet automne, elle prévoit d’accepter un poste à l’université américaine de Beyrouth.

[Traduction du discours : Ageel Shatry pour Green Resistance]