Première rencontre internationale sur la science en Palestine


Le professeur Stephen Hawking, de l’Université de Cambridge, a publiquement exprimé son soutien à l’ « École palestinienne de physique avancée », un des projets dirigés par l’organisation des Scientifiques pour la Palestine », sur son profil Facebook officiel (voir ici et ici), le 13 février 2017 :

« Je soutiens les droits des scientifiques partout dans le monde à la liberté de mouvement, de publication et de collaboration. Dans cet esprit, j’aimerais (…) que soit possible une deuxième École palestinienne de physique avancée. Merci (…) de soutenir la science en Palestine ».

Du 5 au 7 janvier 2018, les physiciens palestiniens, le groupe international « Scientifiques pour la Palestine » et bien d’autres membres de la communauté scientifique internationale, vont se rassembler à l’Université de Cambridge en une réunion d’un week-end qui comprendra de multiples séances plénières et parallèles. Ce sera la première réunion internationale des Scientifiques pour la Palestine (la page web de la réunion est disponible ici).

Le but de l’atelier est de réaffirmer la vision des Scientifiques pour la Palestine et d’établir de nouveaux et ambitieux objectifs pour ce à quoi ressemble une collaboration scientifique entre la communauté palestinienne et la communauté internationale, transcendant les restrictions causées par 50 années d’une occupation continue. Une sélection variée de sujets sera discutée : allant de séances stratégiques sur le statut actuel de la science en Palestine, à des discussions éducatives sur les défis pour la science sous l’occupation, des présentations scientifiques par de nombreux scientifiques palestiniens et internationaux, en passant par l’élaboration d’opportunités concrètes pour que les scientifiques internationaux s’impliquent.

La science a une forte tradition en Palestine. La « Conférence palestinienne bisannuelle sur les tendances modernes en mathématique et en physique », organisée par des universitaires palestiniens depuis 2008, n’est que l’un des nombreux évènements scientifiques qui ont lieu en Palestine.

Cependant, l’enseignement supérieur et la recherche en Palestine se trouvent confrontés à de nombreux défis, dont certains sont communs à de nombreux pays, comme le manque de financement et les lourdes charges d’enseignement pour les professeurs, et d’autres qui sont spécifiques à l’occupation continue de la Cisjordanie et de Gaza, notamment les restrictions à la mobilité des étudiants et des universitaires, l’isolement international, les raids et les fermetures forcées des universités et des autres institutions scientifiques palestiniennes, et les inculpations ou emprisonnements sans jugement d’universitaires à titre individuel. En fait, pour la deuxième année, nombre d’étudiants de Gaza, qui avaient déposé leur candidature ou qui avaient été acceptés dans un établissement, se sont vu refuser l’autorisation d’Israël de participer à l’école.

Malgré tout, l’intérêt pour l’enseignement de la physique et de la recherche en Palestine continue de grandir rapidement, non seulement en Palestine mais encore dans l’ensemble de la communauté scientifique internationale. En décembre 2015, la Palestine a signé un Accord de coopération international avec le CERN, marquant l’implication croissante de la Palestine en recherche scientifique de pointe dans l’un des meilleurs laboratoires au monde.

Pour aider à répondre à la demande grandissante et rapide pour un enseignement scientifique et une collaboration de haut niveau en Palestine, des physiciens à travers le monde ont créé « Scientifiques pour la Palestine », un groupe international dont les buts sont de promouvoir et soutenir la science en Palestine, et d’aider à intégrer la Palestine dans la communauté scientifique internationale. La première action du groupe a été de créer l’École palestinienne de physique avancée (PAPS) en tant qu’un évènement annuel, aujourd’hui à sa troisième édition, avec des projets pour beaucoup d’autres écoles, conférences, ateliers, et d’autres activités scientifiques en Palestine. La réunion internationale de janvier prochain vise à faire avancer ces objectifs, en développant l’organisation et en renforçant les liens entre les communautés scientifiques palestinienne et internationale.

Les deux éditions précédentes de la PAPS ont connu un succès incroyable. Plus de 60 étudiants palestiniens titulaires d’un master de physique et venant de plusieurs universités palestiniennes (Universités d’Al-Quds, Birzeit, An Najah, de l’Université arabe américaine de Jénine (AAUJ)) ont suivi des cours magistraux intensifs sur la cosmologie, la physique de l’état solide, les mathématiques, la physique des particules et sur la physique du SESAME (Centre international de rayonnement synchrotron pour les sciences expérimentales et appliquées au Moyen-Orient), ce grand laboratoire créé en Jordanie avec l’aide de pays du Moyen-Orient, dont la Palestine. Et les écoles ont attiré des scientifiques reconnus internationalement du calibre de John Ellis, professeur Cleck Maxwel de physique théorique au King’s College de Londres, et une scientifique invitée au CERN à Genève, Ann Nelson, professeure de physique théorique des particules à l’Université de Washington aux États-Unis, et David Tong, professeur de physique théorique à l’Université de Cambridge.

Wafaa Khater, présidente du Département de physique de l’Université de Birzeit, a souligné comment la réunion de janvier pouvait être transformatrice pour la physique en Palestine :

« Malheureusement, je ne pourrai être présente en personne à la réunion, en raison de complications dans l’obtention d’un visa pour entrer au Royaume-Uni. Mais j’espère que cette réunion ouvrira la voie à une plus grande collaboration avec la communauté scientifique internationale afin de développer de nouvelles possibilités pour nous, universitaires, et de permettre à nos jeunes et brillants étudiants de poursuivre des études supérieures en physique et en d’autres domaines scientifiques. Comme la plupart des universités palestiniennes ne peuvent proposer des programmes de doctorat en physique et dans les autres domaines scientifiques, cette collaboration est d’abord cruciale pour l’infrastructure pour qu’elle puisse proposer de tels programmes ».