Pourquoi l’AURDIP, pourquoi ce site :

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Un nouvel ordre mondial est en train de naître, et il dépend de nous qu’il soit fondé sur le droit ou sur la force, que les conflits soient réglés par la justice ou par les armes. Après les horreurs des deux guerres mondiales, l’humanité s’est dotée de principe généraux et de règles juridiques, comme la convention de Genève et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et d’institutions chargées de les faire appliquer, comme l’ONU et le CPI.

Certes, nous sommes encore très loin de voir ces principes appliqués, et le déni de justice est particulièrement flagrant en Palestine. L’Etat palestinien prévu par la résolution de 1947, en même temps que l’Etat d’Israël, n’a toujours pas vu le jour. L’occupation militaire de la Cisjordanie par Israël se poursuit depuis 1967, la colonisation s’accélère, et la bande de Gaza est une prison à ciel ouvert. Une des causes de cet état de fait est la complicité de nos gouvernements. L’écrasement de Gaza en janvier 2009 en est le dernier exemple. Les représentants de l’Union Européenne n’ont pas voté la création de la commission d’enquête des Nations Unies, présidée par Richard Goldstone. Dans son rapport (*), celle-ci préconise, entre autres, que les parties prenantes à la convention de Genève instruisent des poursuites contre les auteurs des crimes de guerre commis a Gaza. Quelles chances y a-t-il
que ces recommandations soient suivies ? De même, l’accord de coopération entre l’Union Européenne et Israël prévoit que la coopération soit suspendue en cas de violation des droits de l’homme. Or, bien que ces violations soient avérées et que le Parlement Européen ait demandé par un vote l’application de la clause de suspension, ce vote est resté lettre morte.

Devant la carence de nos gouvernements, nous voulons prendre nos responsabilités en tant que citoyens et en tant qu¹universitaires. Tant que le droit international ne sera pas respecté, nous ne coopérerons pas avec les institutions israéliennes, nous demanderons aux compagnies privées de se désinvestir de leurs avoirs en Israël, et nous demanderons à nos députés de faire en sorte que la France respecte ses engagements.

Le site que nous ouvrons aujourd’hui permettra à ceux qui le veulent de prendre publiquement la même position, en signant la déclaration en ligne. Il offrira également la possibilité à ceux qui partagent cette position, mais qui ne veulent pas subir les pressions et les menaces auxquelles s’exposent ceux qui la défendent publiquement, de recevoir les informations sur les diverses actions que nous entreprendrons en ce sens avec nos partenaires, en France et a l’étranger. Devant la carence de nos gouvernements, seule une action citoyenne pourra créer la pression internationale nécessaire pour que les résolutions des Nations Unies et le droit international soient enfin appliqués en Palestine : nous somme convaincus que ce sont les seules bases possibles pour un règlement durable.

Sonia Dayan-Herzbrun et Ivar Ekeland

(*)
http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrcouncil/specialsession/9/FactFindingMission.htm