Pour la première fois, une université britannique désinvestit des entreprises fournissant l’armée israélienne

Dans ce qui est la première démarche de cette sorte, une université britannique a désinvesti des entreprises fournissant des équipements militaires à l’armée israélienne, à la suite d’une campagne des étudiants.

En fin de semaine dernière, l’université de Leeds a pris la décision de désinvestir de trois compagnies dont la complicité dans la violation des droits humains palestiniens a été avérée : Airbus, United Technologies et Keyence Corporation. Une quatrième compagnie – HSBC – est aussi sous examen des responsables d’investissement de l’université, parce qu’elle procurerait des crédits à Elbit Systems, Caterpillar et BAE Systems, qui toutes vendent des armes et des équipements militaires au gouvernement israélien.

La décision a été prise après la découverte que, pour cette seule année, l’université de Leeds avait investi 2,4 millions de livres (2,75 millions d’euros) dans ces compagnies. Le montant a été révélé par une requête d’août sous la loi Freedom of Information (« Liberté d’information »), par laquelle le public britannique peut demander à avoir accès à des informations détenues par les autorités publiques.

Les étudiants, le personnel, les associations et les anciens étudiants de l’université ont alors publié une lettre ouverte au vice-chancelier de l’université, appelant à la cessation des investissements dans ces quatre compagnies. La lettre déclarait : « Au cours de l’été 2014, 2 251 Palestiniens, dont 526 enfants, ont été tués par les Forces de défense israéliennes dans des attaques sur Gaza […] L’artillerie utilisée pour mener à bien cette destruction était fabriquée par Elbit Systems, financée par HSBC. La maintenance des avions de chasse utilisés par les Forces de défense israéliennes était effectuée par United Technologies. Les hélicoptères patrouillant la frontière maritime de Gaza étaient fournis par Airbus. D’autres actions militaires étaient aidées par l’équipement fourni par Keyence Corporation. L’université de Leeds a sciemment permis cette activité en investissant dans ces entreprises ».

« Notre université ne devrait pas favoriser l’occupation militaire. Nos droits d’inscription ne devraient pas financer le meurtre. Notre éducation ne devrait pas se faire aux dépens de la vie de quelqu’un. »

La mesure a été saluée comme une victoire pour le mouvement de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS). Le co-président du groupe de solidarité avec la Palestine de Leeds, Evie Russell-Cohen, a expliqué : « Il est clair que l’appel palestinien pour le Boycott, le désinvestissement et les sanctions est entendu au Royaume-Uni. Les étudiants ne sont plus volontaires pour voir leurs droits d’inscription financer des compagnies d’armement qui tirent profit du meurtre des Palestiniens. C’est un succès important, mais nous espérons que ce ne sera que le début d’une vague de changement dans toutes les universités britanniques ».

Des appels aux universités britanniques pour qu’elles révisent leurs investissements dans des compagnies connues pour assister l’armée israélienne ont augmenté ces derniers mois. En avril, des militants de l’université de Manchester ont mis à jour un réseau de connexions entre l’université et plusieurs entreprises d’armement, dont Israel Aerospace Industries qui a produit des drones utilisés pendant l’attaque par Israël en 2014 de la Bande de Gaza assiégée. L’université de Manchester avait auparavant essayé de dissimuler ces liens avec de telles entreprises jusqu’à ce que le Bureau du commissariat à l’information (Information Commissioner’s Office, ICO) – l’organisme régulant la protection des données au Royaume-Uni —découvre que l’université contrevenait à la loi pour la liberté d’information, cette même loi qui a permis aux étudiants de l’université de Leeds de contraindre leur institution à désinvestir.

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