Pour la défense de la liberté académique


Un appel aux personnes de conscience pour qu’elles ne parlent pas à l’université d’Illinois Urbana-Champaign jusqu’à ce que la chancelière de l’université, Ms Wise, honore le contrat recrutant le professeur Steven Salaita

Les signatures additionnelles des chercheurs et universitaires sont les bienvenues !
Utilisez le formulaire en bas de ce lien ou envoyez un e-mail à frederick.moten chez ucr.edu

En solidarité avec l’Association des professeurs de l’université d’Illinois Urbana-Champaign (UIUC) qui a appelé la chancelière Wise à revenir sur sa décision de révoquer l’offre de recrutement faite au Professeur Steven Salaita en novembre 2013, et avec l’accord de tous les professeurs concernés de l’UIUC.

****

Considérant que la liberté académique et la protection du droit à la libre parole accordé par le Premier Amendement [de la constitution des États-Unis], ainsi qu’un engagement à l’impartialité et à la transparence dans toutes les procédures et pratiques académiques, y inclus les recrutements d’enseignants et toutes les autres pratiques de travail, forment le fondement du système public américain d’enseignement supérieur ;

Considérant que le professeur Salaita est un universitaire éminent en ethnologie comparative, dans les études arabo-américaines, autochtones et américaines, que ses recherches novatrices et prolifiques l’ont placé au premier plan de ces champs et ont conduit à recevoir une offre d’emploi de l’UIUC ;

Considérant que le recrutement du Dr Steven Salaita comme maître de conférences titulaire (Associate Professor with tenure) a été annoncé et validé par un contrat, signé à la suite d’une évaluation complète [selon la procédure] usuelle, puis, unilatéralement et sans explication, retiré par la chancelière Phyllis Wise de la procédure d’examen par le conseil d’administration, sapant ainsi les précédentes évaluations des professeurs et du personnel décanal ;

Considérant que les informations de plusieurs sources réputées comme Inside Higher Education affirment que la décision administrative de la chancelière Wise de bloquer le recrutement du Professeur Salaita à l’UIUC était une réponse à des plaintes concernant ses postes sur twitter.com ;

Considérant que la « Déclaration des principes de la liberté académique et de la titularisation » de 1940 de l’Association américaine des professeurs d’université (American Association of University Professors, AAUP) affirme explicitement que lorsque les professeurs « parlent ou écrivent en tant que citoyens, ils doivent être libres de toute censure institutionnelle » ;

Considérant que l’AAUP a affirmé qu’"il y a donc de bonnes raisons de craindre que la liberté académique du professeur Salaita et peut-être celles des professeurs de l’université d’Illinois qui ont recommandé son recrutement aient été violées" ;

Considérant que la révocation administrative du contrat du professeur Salaita constitue une attaque significative contre l’autonomie des études amérindiennes, qu’elle est une violation évidente du principe d’autogouvernance des professeurs, et est préjudiciable au fonctionnement effectif des unités universitaires ;

Considérant que les étudiants et les chercheurs ont droit à la liberté intellectuelle, à la responsabilité d’exprimer publiquement des positions sur des questions controversées, et à la liberté de manifester leur opposition indépendamment de leurs rôles et de leurs affiliations universitaires ;

Considérant que les étudiants et les chercheurs ont le droit de poursuivre leurs études et leurs recherches sans interférence, répression et harcèlement institutionnels quand ils prennent des positions publiques en solidarité avec les Palestiniens ;

Nous avons pris la résolution d’approuver et d’honorer un boycott de l’université d’Illinois Urbana-Champaign. Nous avons pris la résolution de soutenir partout les droits protégés des étudiants et des professeurs à s’engager dans des recherches et des discours publics à propos d’Israël et de la Palestine libres de toute menace et de toute intimidation ;

Nous soussignés, professeurs et personnel universitaire, ne donnerons pas de conférences invitées ou de discours publics à l’université d’ Illinois Urbana-Champaign. Nous encourageons tous les signataires de cette déclaration à utiliser leur propre jugement à propos d’autres formes de protestation et de boycott qu’ils souhaiteraient employer, au cas par cas. Nous demandons aux enseignants et aux administrateurs d’honorer ce boycott jusqu’à ce que le professeur Steven Salaita reçoive une offre formelle et ferme d’emploi avec titularisation, la même offre exactement que celle qui a été annulée. De plus nous demandons que l’université s’engage à ce que ni représailles ni actions négatives, explicites ou implicites, directes ou indirectes, ne soient exercées à l’encontre du professeur Salaita ou d’aucun de ses défenseurs parmi les professeurs ou les étudiants de l’ UIUC.

Contexte et liens

L’UIUC s’est montrée hostile aux professeurs pro-palestiniens en violant les droits protégés d’un professeur. Les actions de l’université sont dans ce cas racistes, violant les droits protégés des professeurs à la liberté d’expression et jetant à la poubelle leurs libertés personnelles et académiques légalement protégés dès que l’université a été confronté à la pression publique. Pour oser soutenir ouvertement les droits palestiniens à la liberté, le professeur Salaita n’a actuellement plus de travail, plus de maison et plus d’assurance maladie.

L’exclusion du professeur Salaita par l’UIUC fait partie d’un schéma plus large pour étouffer systématiquement la libre parole qui, de fait, soutient les violations des droits de l’homme contre les Palestiniens. L’enjeu est la préservation de l’intégrité de l’université, dans laquelle une pensée critique pourrait s’épanouir, et non être contrôlée et punie, particulièrement lorsqu’elle s’exprime dans des espaces (comme les réseaux sociaux) qui sont et doivent rester hors du ressort de l’université, quand ils sont des ressources permettant aux professeurs d’exprimer leurs points de vue politiques. Le discours et l’activisme politique en ligne du professeur Salaita sont protégés par le Premier Amendement de la Constitution des États-Unis. Ses déclarations sont des opinions politiques, dignes de la plus haute protection constitutionnelle, et une attaque de l’UIUC sur ce discours, fondée sur l’approbation ou la désapprobation par l’administration de déclarations de professeurs sur les réseaux sociaux, représente une violation anticonstitutionnelle des droits [garantis par le] Premier Amendement. Comme le Centre pour les droits constitutionnels l’a expliqué, en ce qui concerne le cas du professeur Salaita, les actions du bureau de la chancelière de l’université d’Illinois ont « causé des dommages sérieux, et plus qu’à un seul chercheur ; elles ont placé l’université d’Illinois dans un processus indéfendable qui s’inscrit contre les principes constitutionnels élémentaires ». La seule action honorable maintenant serait de réintégrer le professeur Salaita et d’ouvrir une discussion sur le campus à propos du racisme anti-arabe et du droit protégé des Palestiniens et des Arabes et de leurs défenseurs à la libre parole.

- La déclaration de l’USACBI sur le licenciement du professeur Salaita

- Couverture initiale par Inside Higher Ed

- La défense du professeur Salaita par l’AAUP

- Lettre à la chancelière de l’UIUC Phyllis Wise de la part du comité pour la discussion ouverte sur le sionisme (Committee for Open Discussion of Zionism, CODZ) :

- Mouvement croissant de boycott à propos du licenciement de Steven Salaita

Consulter la liste des premiers signataires

Signer la pétition / Sign the English original version