Lettre d’une Féministe Palestinienne du Conseil Législatif depuis une prison israélienne lors de la journée internationale des femmes

| Khalida Jarrar et Allison Deger pour Mondoweiss | Traduction SF pour l’AURDIP |

La journée internationale des femmes, célébrée aujourd’hui, 8 mars, dans le monde entier, est généralement associée aux avancées du rôle des femmes sur les lieux de travail et pour les droits et la protection des travailleurs.

En Cisjordanie, Khalida Jarrar, une dirigeante féministe et femme politique marxiste-léniniste emprisonnée, a publié une déclaration depuis la prison pour marquer la journée internationale des femmes. Jarrar a été condamnée à 15 mois d’emprisonnement dans une prison israélienne l’an dernier après avoir plaidé coupable, reconnaissant son appartenance à une organisation illégale, la tendance politique à laquelle elle appartient en tant que membre élue du gouvernement palestinien.

Voici son message de la prison Ha Sharon dans le nord d’Israël, avec l’autorisation de son avocate Hana al-Khatib.

« En ce jour, nous affirmons que nous sommes des prisonnières palestiniennes en lutte, nous sommes dans le mouvement des femmes de Palestine, et la lutte nationale et sociale se poursuivra constamment et continument jusqu’à ce que nous nous libérions de l’occupation et que nous gagnions notre liberté de femmes, de toutes les formes d’injustice, d’oppression, de violence et de discrimination contre les femmes. En ce jour, les femmes palestiniennes saisissent l’occasion de dénoncer les crimes de l’occupation contre les femmes, les enfants, les anciens et les jeunes palestiniens.

Cette année, notre appel se centre sur la liberté et l’auto-détermination de notre peuple et sur la liberté et l’auto détermination des femmes palestiniennes : réaliser l’égalité et la libération et mettre fin à toutes les formes d’oppression et d’injustice commises contre elles.

Nous sommes une part de la lutte mondiale menée avec toutes les combattantes de la liberté dans le monde : contre l’injustice, l’exploitation et l’oppression ».

Jarrar est membre du Conseil Législatif Palestinien dont le siège est à Ramallah en Cisjordanie ; cet organe est cependant considéré comme inanimé, étant donné qu’il n’y a pas eu d’élections depuis plus de dix ans. Jarrar y a pris place en 2006, en tant que membre du parti de Ali Abou Moustafa, une branche du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) laïque et socialiste.

En 2014, elle a déclaré à Mondoweiss qu’elle se présentait sur la liste d’Ali Abou Moustafa et non du FPLP afin de se soustraire à de possibles poursuites de la part d’Israël pour appartenance à un groupe interdit. Le code militaire proscrit strictement toute appartenance à un groupe politique, ce qui est une énigme pour tout homme ou femme politique palestinien-ne en poste, même pour celles et ceux qui restent dans des circuits officiels avec le gouvernement israélien. En général, cependant, les Palestiniens du Fatah, le parti au pouvoir, ne sont pas poursuivis pour appartenance à une organisation illégale, un délit dont tous les hommes et femmes politique se rendent coupables selon l’interprétation à la lettre de la loi.

Des dirigeants comme Jarrar, affiliés à des groupes qui ont un passé d’attaques contre Israël (le FPLP a pratiqué un certain nombres de détournements d’avions dans les années 1960 et 1970) sont plus exposés aux poursuites. Elle n’a pas été accusée d’activités criminelles autres que de représenter ses électeurs.