Le site web de NBA change la définition de la Palestine après la lettre d’une ministre israélienne

| Peter Beaumont pour The Guardian | Traduction CG pour l’AURDIP |

NBA a enlevé l’expression « occupée » lorsque Miri Regev a déclaré que ce mot contredisait la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël


La ministre israélienne d’extrême droite des sports et de la culture s’est attribué le mérite de la décision de l’Association nationale de basketball des États-Unis (NBA) d’enlever le descriptif « occupée » de la présentation de la Palestine sur son site web, bien que cette phrase décrive le statut légal internationalement reconnu des Territoires palestiniens.

Le site de la NBA listait auparavant « Territoires palestiniens occupés » ; au moment de rédiger ces lignes, le mot « occupés » avait été enlevé à l’instance de deux ministres israéliens, dont l’une a suggéré que ces territoires étaient en fait une partie d’Israël.

Cette dispute sur l’inclusion de mots dans un menu contextuel élaboré par une tierce partie lors d’un sondage en ligne sur les joueurs favoris est le dernier exemple en date des extrémités auxquelles les ministres israéliens sont prêts à aller pour contester la définition légale reconnue du statut de la Palestine.
Dans une lettre au commissaire de NBA, Adam Silver, la ministre des sports Miri Regev a appelé les territoires palestiniens « un état imaginaire » et a dit que la liste contredisait la récente reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël.

« Je considère l’inclusion de ‘Palestine occupée’ dans la liste des pays apparaissant sur votre site web officiel comme la légitimation de la division de l’état d’Israël et comme une flagrante interférence grossière, en contraste avec la position officielle de l’administration américaine et les déclarations du Président Donald Trump, qui vient de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël », a écrit Regev.

La présidente de NBA pour la responsabilité sociale, Kathy Behrens, a déclaré à Israel National News que la liste des pays était fournie par un tiers. « Nous ne produisons pas le listing par pays pour NBA.com, et dès que nous avons été informés, le site a été mis à jour. Nous présentons nos excuses pour cette négligence et l’avons corrigée », a déclaré Behrens.

Les Palestiniens aspirent à ce que Jérusalem-Est, prise par Israël à la Jordanie lors de la guerre des Six Jours de 1967, soit la capitale de leur futur état. Israël affirme que la cité entière est sa capitale.

Vendredi, Regev a remercié Silver pour avoir effacé la phrase [incriminée]. Elle a déclaré : « Les territoires israéliens ne sont pas occupés ; donc ce qui était écrit était faux et devait être effacé ».

La position de Regev est en totale contradiction avec l’opinion générale internationale et celle des Nations Unies, qui se réfèrent à la Cisjordanie et à Gaza comme à des territoires occupés.

Le conseil de sécurité des Nations Unies et la Cour internationale de justice considèrent la Cisjordanie, Gaza et la partie occidentale des hauteurs du Golan comme des territoires occupés par Israël selon le droit international.
La ministre déléguée aux Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, a aussi réclamé à NBA d’intervenir. « Cette semaine, l’ambassadeur américain Friedman a demandé de cesser d’utiliser le terme ‘occupé’ pour la Judée-Samarie [=Cisjordanie], et une ligue sportive importante comme la NBA devrait respecter ce point de vue », a déclaré Hotovely.

Hotovely se référait à une affirmation rapportée dans les médias israéliens —âprement contestée par le département d’état américain— selon laquelle Friedman aurait appelé à l’abandon du terme « occupé ».

Ce n’est pas la première fois que Regev s’implique dans des disputes avec des organisations sportives dont les positions ne s’accordent pas avec les siennes. Le mois dernier, elle a menacé de retirer son soutien à la course cycliste du Giro d’Italia lorsque les organisateurs ont décrit une section du trajet comme traversant « Jérusalem-Ouest ».