Le président de l’AFPS en garde à vue : il doit être remis en liberté immédiatement

| AFPS |

L’AURDIP affirme sa pleine solidarité avec le président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), Bertrand Heilbronn, et avec tous ceux qui se sont rendus à la manifestation. Nous rappelons que celle-ci, prévue à 16H, n’a été interdite qu’à 13H, alors que la plupart des participants étaient déjà en route, et que sur le terrain il n’y a eu aucun incident. Mais lorsqu’il s’agit d’empêcher l’expression de la solidarité avec le peuple palestinien, tous les prétextes sont bons. Dans ce domaine comme dans tant d’autres, notre gouvernement offre une réponse policière à des demandes légitimes, fondées sur le droit et la simple humanité. Ce qui se passe actuellement à Jerusalem, à Gaza ou à Lod est le résultat de longues années d’occupation militaire et d’apartheid, et il ne fait qu’aggraver la situation en prétendant ignorer cette réalité. L’AURDIP continuera à demander l’application du droit international en Palestine, la fin de la colonisation et du blocus inhumain de Gaza. Elle participera aux actions organisées en ce sens, et dans l’immédiat, elle demande la libération du président de l’AFPS Bertrand Heilbronn.

Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)


Communiqué de l’AFPS

Ce mercredi 12 mai peu avant 19 heures, le président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), Bertrand Heilbronn, 71 ans, a été arrêté à la sortie du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères où il avait été reçu par un conseiller du Ministre au sein d’une délégation comprenant des parlementaires, des représentants associatifs et syndicaux.

Ironie de l’histoire : ce sont les policiers qui ont escorté la délégation jusqu’au lieu du rendez-vous, qui ont ensuite arrêté Bertrand Heilbronn à la sortie de l’entretien.

Nous exigeons sa remise en liberté immédiate !

L’AFPS avait fait une déclaration de manifestation appelant, dans le cadre du Collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, à un rassemblement de soutien au peuple palestinien.

La préfecture de Paris, de manière totalement inédite, avait interdit ce rassemblement alors que jamais il n’y a eu le moindre problème pour les manifestations que nous avons toujours organisées en lien avec les autorités.

L’AFPS avait informé par tous moyens de l’interdiction. Bertrand Heilbronn et les responsables d’associations étaient présents pour informer ceux qui se présentaient de l’interdiction et faire en sorte que les choses se passent le mieux possible.

De fait, à part la restriction de la liberté d’expression, les choses se sont passées sans aucun problème : aucun trouble à l’ordre public.

Quel est ce pouvoir qui cueille à la sortie d’un ministère le président d’une association défendant le droit et les droits humains, juste après l’avoir reçu, lui signifie sa garde à vue, le menotte à un banc à son arrivée au commissariat ?

L’interdiction de cette manifestation nous amenait à dire – ce que nous savions déjà – que la liberté d’expression et les libertés publiques sont en danger dans notre pays, mais cette arrestation nous amène à dire qu’un seuil a été franchi.

Demain, dans la semaine, la semaine prochaine, les groupes locaux de l’Association France Palestine Solidarité, aux côtés de leurs partenaires, organisent des rassemblements de solidarité avec les Palestiniens de Jérusalem, de Gaza qui sont sous le feu de l’armée d’occupation israélienne. Ce ne sont pas des méthodes dictatoriales qui nous empêcherons de le faire.

Si les inconditionnels du gouvernement israélien pensent nous faire taire et nous intimider avec de tels procédés, ils se trompent.

Nous sommes du côté du droit, ils le savent et c’est ce qui fait notre force. Nous exigeons la remise en liberté immédiate du président de notre association.

Le bureau national de l’AFPS
Le 12 mai 2020