Le militantisme pour la Palestine se développe sur les campus des États-Unis, malgré la répression

| Nora Barrows-Friedman pour The Electronic Intifada | Traduction BP pour l’AURDIP |

« Il y a vraiment cette tentative, délibérée… faisant écho à la politique de l’État israélien, pour prévenir et réprimer toute sorte de dissidence et toute sorte de pensée honnête et critique, » dit le journaliste indépendant et militant Ben Norton, observateur attentif de la répression contre le militantisme de solidarité Palestine sur les campus états-uniens.

Les représentants du gouvernement israélien et les groupes anti-palestiniens ont transformé les universités en « champs de batailles » pour une opinion populaire sur Israël. Mais chaque année, la solidarité Palestine grandit et devient plus visible dans les écoles des États-Unis.

Le 23 septembre, des étudiants militants dans tout le pays ont organisé une journée d’actions en soutien aux droits des Palestiniens.

The Electronic Intifada s’est entretenu récemment avec Norton au sujet de cette journée d’actions, du niveau actuel de la solidarité étudiante et de la répression qui sévit contre elle.

Norton dit qu’à la journée internationale d’actions, les étudiants se sont rassemblés en soutien au mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions, demandant à leurs universités d’annuler leurs investissements dans les entreprises américaines qui profitent de l’occupation israélienne.

Ils ont également organisé des actions contre l’entraînement de la police des campus « en coopération avec la sécurité israélienne », ajoute Norton, car « il existe une grande interaction, qui est bien documentée, entre la police et les forces de sécurité des États-Unis, et la police et les forces de sécurité d’Israël. »

« Des attaques maccarthystes  »

Les attaques récentes contre le professeur Steven Salaita – qui a été congédié de l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign pour avoir critiqué les agressions israéliennes de cet été contre Gaza – ont été aussi un point de ralliement pour les étudiants organisateurs.

« Il y a ces attaques maccarthystes contre les militants de la solidarité Palestine, plus particulièrement contre les étudiants aux États-Unis, » dit Norton. « Les universitaires eux-mêmes craignent souvent de critiquer Israël ».

Cependant, explique Norton, le mouvement pour la justice en Palestine, dans les campus US, grandit vite – surtout après l’agression israélienne de cet été contre la bande de Gaza.

« Spécialement pour les étudiants aux États-Unis, ce conflit passé a été le moment décisif, le tournant, » affirme-t-il. « Et c’est lors de ce conflit que… la barbarie d’Israël s’est révélée clairement. Les gens ont pu observer le racisme flagrant existant dans la société israélienne, et comment cela conduit à la déshumanisation de la vie palestinienne ».

Debout !

La prochaine étape pour les étudiants militants du pays, ajoute Norton, « sera d’augmenter rapidement » leurs actions directes, spécialement par des initiatives pour le désinvestissement des campus.

« Nous avons vu à plusieurs reprises que notre gouvernement lui-même ne se soucie pas d’écouter les Américains – surtout la jeunesse américaine, » dit Norton.

« Et se lever pour nos droits est non seulement crucial pour le mouvement de solidarité Palestine, mais c’est encore absolument essentiel pour notre propre avenir, et pour assurer une bonne qualité de vie à nos enfants, comme à ceux de notre génération en général, » ajoute-t-il.

Ecouter l’entretien intégral avec Ben Norton ci-dessous :