Le conflit russo-ukrainien ?

| Ivar Ekeland |

Par les temps qui courent, il est prudent de diversifier ses sources d’information. Je me suis donc connecté sur le site de l’agence Chine Nouvelle (Xinhua), qui n’est pas encore fermé, et j’ai eu la surprise d’y découvrir un fil d’information sur « le conflit russo-ukrainien ».

Le conflit russo-ukrainien ? Vraiment ? Je croyais que la Russie avait envahi l’Ukraine, et qu’une guerre était en cours, où les Ukrainiens résistaient comme ils pouvaient à l’agression pendant que les civils étaient chassés par centaines de milliers pour devenir des réfugiés dans leur propre pays ou des pays voisins, et que l’aviation bombardait des infrastructures essentielles comme les hôpitaux et les centrales électriques ? Et puis je me suis rappelé : le conflit israélo-palestinien. Ce qui est une colonisation, une occupation militaire et une dépossession violente, sans parler des bombardements de Gaza et des assassinats ciblés, est euphémisé par les médias internationaux et nos gouvernements dans une expression symétrique et neutre, dont le sens véritable est qu’on s’en fout tant que cela ne vient pas chez nous.

Les Chinois ont bien appris la leçon que nous leur avons donnée : l’Ukraine est suffisamment loin du Céleste Empire pour qu’ils puissent parler avec componction du conflit russo-ukrainien, ou ukraino-russe d’ailleurs, l’expression est symétrique. Pour nous Européens, qui sommes aux premières loges, cela paraît hypocrisie pure et déni de réalité. Réfléchissons donc à ce que peuvent penser de nous les populations d’Afrique ou d’Asie quand elles nous entendent parler de conflit israélo-palestinien !

Ivar Ekeland
Président de l’AURDIP

L’AURDIP s’associe au communiqué de l’AFPS : Non à l’agression de la Russie contre l’Ukraine, il faut faire respecter le droit… partout dans le monde

L’Association France Palestine Solidarité condamne l’agression de la Russie contre l’Ukraine, en violation flagrante du droit international et de la charte de l’ONU ; elle s’associe à l’appel lancé par le Collectif national des marches pour la paix et appelle ses militant·e·s à se joindre, dans l’unité, aux rassemblements qui seront organisés ce samedi 5 mars dans ce sens.

Tout en étant centrée sur la défense des droits du peuple palestinien, notre association ne peut pas rester indifférente à l’agression que subit tout un peuple, ainsi qu’à la négation de ses droits et de son existence même au nom de la loi du plus fort.

Notre association note que l’Union européenne a su se mobiliser rapidement et dans l’unité pour prononcer des sanctions contre la Russie et ses dirigeants. Elle ne peut que s’en féliciter.

Mais pour les Palestiniens, qui subissent depuis plus de 70 ans les agressions, les expulsions, la négation de leurs droits par la puissance israélienne, et qui constatent chaque jour qu’Israël continue ces agressions en toute impunité, la situation a un goût amer. Il en est de même pour les autres peuples qui partout dans le monde voient leurs droits bafoués dans le silence le plus total.

La France et l’Europe devront, au lendemain de l’épisode tragique que nous vivons, montrer que leur volonté de faire respecter le droit n’est pas sélective, et qu’elles savent prendre des sanctions, y compris contre l’Etat d’Israël, face à des violations graves, systématiques et répétées du droit international.
L’impunité est le moteur des crimes de guerre, ces crimes doivent être sanctionnés sans attendre qu’il ne soit trop tard. Comme nous le répètent nos amis palestiniens, nous devons faire respecter le droit si nous ne voulons pas nous retrouver dans la loi de la jungle.

Le Bureau National de l’AFPS,
Le 5 mars 2022