L’université de Birzeit appelle à une action concrète pour mettre fin au colonialisme et à l’apartheid israéliens


L’université de Birzeit proteste fermement contre les attaques brutales d’Israël sur tous les segments de la société palestinienne, dont sa dernière agression impitoyable sur les deux millions de Palestiniens de la Bande de Gaza, qui a tué plus de 250 et blessé plus de 2.000 hommes, femmes et enfants. Les forces de police militarisée d’Israël ont cruellement attaqué des milliers de fidèles dans la mosquée Al-Aqsa et sur son esplanade. Elles ont brutalement réprimé les manifestations des familles palestiniennes et de leurs nombreux soutiens à Sheikh Jarrah, contre les tentatives actuelles d’expulsion de leurs logements par la force pour les remettre à des colons israéliens en violation flagrante du droit humanitaire international. Israël a violemment réprimé les manifestations des Palestiniens dans les zones occupées en 1948.

Il est largement admis que ce n’est là qu’un chapitre de la longue histoire du nettoyage ethnique en Palestine, qui a commencé avec la Nakba de 1948. En réalité, c’est une Nakba continue de déni systématique de nos droits inaliénables selon le droit international.

L’université de Birzeit a une longue histoire de résistance au colonialisme et a de tout temps agi comme un centre de la lutte et de la libération nationales. Seize étudiants de l’université de Birzeit ont été assassinés par les soldats israéliens et plus de 920 ont été arrêtés au cours de 20 dernières années. Les étudiants et le personnel de l’université de Birzeit continuent d’affirmer leur droit de résister au colonialisme, et se sont donc engagés dans les manifestations contre ce dernier round d’atrocités coloniales. L’agression des soldats israéliens a provoqué les blessures de notre collègue Dr. Lena Meari, du département des Sciences Sociales et Comportementales de l’université de Birzeit, en plus de celles d’un grand nombre d’étudiants.

Dr. Meari a été délibérément visée avec une bombe assourdissante par les forces d’occupation israéliennes alors qu’elle manifestait samedi dernier (22 mai) dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem occupée. La bombe l’a frappée à la tête, lui causant une blessure au crane.

Ce qui est arrivé au Dr. Meari fait partie intégrante du contrôle et de l’oppression coloniales d’Israël sur la population palestinienne. On dénie aux Palestiniens le droit de résister ou de manifester, même pacifiquement, au régime israélien, vieux de dizaines d’années, d’apartheid, d’occupation militaire et de colonialisme de peuplement. Attend-on de nous que nous acceptions à bras ouverts la dépossession de nos terres, le racisme systémique et la destruction de nos vies par Israël ? Human Rights Watch a récemment publié une analyse juridique accablante du régime israélien contre le peuple palestinien, concluant qu’il répond à la définition internationale de l’apartheid. Tandis qu’Amnesty International a réagi au dernier massacre accompli par Israël en déclarant que « il faut mener une enquête pour crimes de guerre concernant les attaques d’Israël sur les maisons résidentielles de Gaza ». Résister au colonialisme et à l’apartheid israéliens est notre droit incontestable.

Nous condamnons fermement les institutions académiques israéliennes qu sont des partenaires indispensables de ce régime colonial d’oppression et d’apartheid. Elles ont activement participé au mécanisme de l’oppression. Elles sont complices de nombreuses graves violations des droits de l’homme, dont le développement d’armements, de doctrines militaires et de codes « éthiques » qui justifient le ciblage aveugle des civils palestiniens. Ces institutions académiques doivent donc être bannies par la communauté académique internationale.

Nous appelons toutes les personnes de conscience à travers le monde, dont les universitaires, à se joindre aux demandes croissantes faites aux gouvernements d’instituer immédiatement un embargo à double sens sur les armes avec Israël.

Nous appelons les institutions académiques et les universités du monde entier à boycotter Israël et ses institutions académiques complices, jusqu’à ce qu’il se conforme à ses obligations selon le droit international et qu’il mette fin à son régime de colonisation de peuplement, d’occupation et d’apartheid, et qu’il respecte le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Nous appelons également les universitaires à mener éthiquement leur travail sur la Palestine, en refusant la terminologie qui ne reflète pas la réalité des Palestiniens, en mettant en valeur les voix de Palestine et ses universitaires et en refusant la censure des érudits palestiniens ou de ceux qui les soutiennent.