L’Union européenne répand de nouveaux mensonges sur BDS

Une responsable importante de l’Union européenne répand une fois de plus des mensonges sur le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions en faveur des droits palestiniens.

Katharina von Schnurbein, la coordinatrice sur l’antisémitisme du bloc, a salué mercredi, et partagé, des suggestions de groupes pro-Israël censées être destinées à « faire de l’Europe un endroit plus inclusif pour les étudiants juifs ».

Mais les propositions de l’Union européenne des étudiants juifs (EUJS) et de sa branche allemande JSUD appellent en fait à une condamnation officielle du mouvement BDS, fondée sur des calomnies et des inventions.

Le document affirme que « BDS est un mouvement antisémite ciblant la vie juive en Europe ».
Il affirme que les « dirigeants et les sympathisants de BDS cherchent de manière répétée à tenir les juifs responsables collectivement des actions du gouvernement israélien ».

Le mouvement n’appelle absolument pas à cela.

« Il est à peine choquant que Katharina von Schnurbein, une bureaucrate non élue de l’Union européenne qui agit plus comme une avocate du régime d’apartheid d’Israël et qui défend ses crimes de guerre, fasse commerce d’inventions racistes et de propagande anti-palestiniennes », a dit à The Electronic Intifada Omar Barghouti, défenseur des droits humains palestiniens et co-fondateur du mouvement BDS.

« Mais avec ce dernier mensonge outrageant contre le mouvement non violent de boycott, désinvestissement et sanctions mené par les Palestiniens, elle est tombée encore plus bas qu’auparavant. »

Barghouti a souligné que le mouvement « se dresse catégoriquement contre toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme, comme sa déclaration anti-raciste de principes l’affirme explicitement et comme son bilan sur 15 ans d’une défense des droits humains progressiste et intersectionnelle le prouve sans l’ombre d’un doute ».

« BDS cible systématiquement la complicité, pas l’identité », a dit Barghouti.

« Nous croyons qu’il n’y a rien de juif dans le nettoyage ethnique d’Israël, le siège, l’occupation militaire et les politiques meurtrières d’apartheid contre les Palestiniens, et qu’Israël ne parle pas au nom de toutes les communautés juives, ni ne les représente. »

Intime avec le lobby pro-Israël

Au contraire, von Schnurbein semble égaler le fait d’être juif avec celui de soutenir Israël.

Elle ne partage ni ne salue les propositions et les idées des organisations juives et des personnalités de premier plan juives et israéliennes qui soutiennent les droits palestiniens ou critiquent les efforts officiels pour égaler à de l’antisémitisime tout plaidoyer pour les droits palestiniens.

Et son bureau a récemment rejeté la candidature de European Jews for a Just Peace [Juifs européens pour une paix juste] – une coalition de 12 groupes de 10 pays – à rejoindre le groupe de travail de l’Union européenne sur l’antisémitisme.

L’organisation fait valoir que les critères pour être membre du groupe de travail ont été soudainement réécrits au milieu du processus de candidature afin d’exclure délibérément des organisations qui ne suivent pas la ligne officielle pro-Israël de l’Union européenne.

L’administration de l’Union européenne « nous a évidemment refusés parce qu’elle ne veut que les organisations juives qui soutiennent la politique israélienne dans le groupe de travail », a dit European Jews for a Just Peace.

Cependant von Schnurbein maintient une relation très intime avec le lobby pro-Israël et avec des organisations communautaires juives qui sont hostiles aux Palestiniens.

Une victoire juridique décisive

Israël et ses apologistes ont pendant des années essayé de dépeindre le mouvement BDS comme anti-juif, dans une tentative pour inciter les autorités gouvernementales à réprimer le mouvement en tant que pourvoyeur d’un « discours de haine ».

Mais cette équation a été rejetée dans un jugement unanime de la Cour européenne des droits de l’homme le mois dernier.

Cette décision historique a tranché que les condamnations pénales des militants de France qui appelaient à un boycott des produits israéliens violaient la garantie de liberté d’expression de la Convention européenne des droits humains.

Les juges européens ont rejeté le raisonnement des tribunaux français selon lequel appeler à un boycott des produits israéliens revenait à inciter à la haine et à la discrimination.

Bilan de haine

L’Union européenne des étudiants juifs [EUJS] et JSUD, les groupes derrière les propositions saluées par von Schnurbein, ont un passé d’hostilité envers les Palestiniens.

EUJS se définit comme une « organisation sioniste », tandis que JSUD milite pour que les autorités allemandes imposent une interdiction directe de BDS afin de protéger Israël des critiques par des militants des droits humains.

EUJS a appelé les massacres par Israël des Palestiniens dans la bande de Gaza de « prétendues agressions » et a affirmé que la « paix » viendra quand les « dirigeants de Gaza choisiront l’humanité plutôt que la haine, quand ils cesseront de tirer sur nos enfants tout en se cachant derrière les leurs ».

Cette propagande déshumanisante – un incontournable de la hasbara israélienne – vise à absoudre Israël du meurtre des enfants palestiniens grâce au mensonge raciste que les parents palestiniens seraient prêts à sacrifier leurs propres enfants juste pour donner une mauvaise image à Israël.

Calomnies et mensonges

Ce n’est pas non plus la première fois que von Schnurbein a répandu des calomnies et des inventions sur les défenseurs des droits humains palestiniens.

L’année dernière, par exemple, elle a accusé des militants BDS de protester contre le chanteur américain Matisyahu simplement parce qu’il est juif. C’était un mensonge.

Les manifestations contre Matisyahu par les militants ont eu lieu parce qu’il avait levé des fonds pour l’armée israélienne et soutenu l’attaque par Israël d’une flotte naviguant vers Gaza qui a tué 10 militants — pas à cause de sa religion ou de son origine ethnique.

À la lumière de la décision décisive de la Cour européenne des droits de l’homme « et étant donné les tentatives anti-démocratiques et répressives constantes de von Schnurbein pour réduire au silence les citoyens de l’Union européenne défendant les droits palestiniens, sa position est devenue intenable », a dit Omar Barghouti.

« Nous appelons la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à la renvoyer immédiatement, et à nommer quelqu’un qui exerce cet important mandat avec intégrité, transparence et sans abus de pouvoir ».

Von Schnurbein n’a pas répondu à notre demande de commentaire.

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