L’AURDIP exprime sa solidarité avec Omar Barghouti et condamne la répression du mouvement BDS par le gouvernement israélien

| AURDIP |

Dimanche 19 mars 2017, la brigade financière israélienne fait irruption au domicile d’Omar Barghouti, éminent défenseur des droits du peuple palestinien à la liberté, la justice et l’égalité, et cofondateur du mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions). Elle l’interroge avec son épouse pendant 16 heures. Son interrogatoire sera prolongé cinq jours consécutifs.

Ces événements se situent dans un contexte accru de répression, de menaces, d’actions de harcèlement, d’intimidation et de tentatives de délégitimation des militants de la cause palestinienne.

Le président israélien Reuven Rivlin avait en effet qualifié en mai 2015 le mouvement BDS de menace stratégique pour Israël. Dans une conférence tenue en 2016, le ministre du renseignement Yisrael Katz avait menacé nommément Omar Barghouti et les autres défenseurs clés de BDS « d’élimination civile cible ». Le ministre des affaires stratégiques a créé une unité spécialisée dont le but affiché est de délégitimer ces militants en ternissant leur réputation.

Ayant échoué à intimider Omar Barghouti en menaçant de révoquer son permis de résident permanent en Israël (qu’il détient parce que son épouse palestinienne est citoyenne israélienne), et à bloquer ses activités en lui imposant une interdiction effective de voyager, les autorités israéliennes cherchent à ternir son image en montant en épingle une affaire relative de prétendus revenus perçus à l’étranger.

Nous ne sommes pas dupes des motivations du gouvernement israélien, transparentes vu la large publicité donnée aux investigations dès le premier jour et l’interdiction concomitante faite à Omar Barghouti de voyager, quelques semaines d’un déplacement prévu aux États-Unis pour y recevoir, conjointement avec Ralph Nader, le prix Gandhi pour la paix à l’université de Yale.

Nous tenons à assurer Omar Barghouti, et plus généralement les cadres du mouvement BDS, de notre solidarité. Nous condamnons fermement les mesures de harcèlement du gouvernement israélien à leur encontre, ainsi que ses tentatives de museler partout dans le monde, y compris en France, toute expression de soutien aux droits fondamentaux du peuple palestinien, avec souvent la complicité active des gouvernements occidentaux.

Joseph Oesterlé
Professeur émérite à l’Université Pierre et Marie Curie ;
Président de l’Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)