L’Association américaine des anthropologues critique Israël pour ses violations de la liberté académique


L’Association américaine des anthropologues (AAA) a publié une déclaration datée de juin 2016 où elle critique Israël pour ses violations de la liberté académique. Dans la déclaration, « l’Association américaine des anthropologues exprime sa profonde désapprobation de la politique et des pratiques du gouvernement israélien qui menacent la liberté académique et les droits de l’homme des universitaires palestiniens et israéliens. Ceci est une déclaration de censure concernant ces politiques et pratiques du gouvernement. » Inside Higher Ed a publié le 27 juin la déclaration de censure de l’AAA.

La décision de critiquer Israël fait suite à un vote très serré des adhérents sur une résolution demandant le boycott des institutions académiques israéliennes. Même si la résolution de boycott n’a pas réussi à obtenir un soutien majoritaire, à 39 voix près, la direction de l’AAA a pris l’initiative de critiquer Israël en se basant sur un « examen de trois années des dimensions anthropologiquement pertinentes de la situation politique complexe en Israël/Palestine ». L’AAA inclut sur sa page web, sous l’onglet News an Israel/Palestine, différents documents produits par les anthropologues et publiés sur la question.

La déclaration de censure énumère les violations de la liberté académique liées à la politique israélienne qui suivent :

  1. liberté restreinte des mouvements pour les universitaires palestiniens et les universitaires étrangers qui se rendent en Cisjordanie et à Gaza ;
  2. accès restreint aux publications dans les bibliothèques des universités de Cisjordanie et de Gaza ;
  3. disparités dans l’accès à Internet qui limitent les recherches académiques dans les universités de Cisjordanie et de Gaza ;
  4. rejet injuste d’une pleine accréditation pour l’université Al-Quds ;
  5. rejet injuste de la liberté d’expression pour les professeurs et étudiants palestiniens et juifs contestataires dans les universités israéliennes, notamment avec des amendes civiles pour avoir exprimé publiquement une opposition à la politique et aux pratiques du gouvernement, et avec une démonstration de la force militaire sur les campus universitaires comme une menace à la liberté d’expression ;
  6. rejet injuste de la liberté des étudiants palestiniens de se rassembler et d’agir, notamment d’exprimer leur identité, et
  7. retards injustifiés des paiements des salaires du corps enseignants de Cisjordanie et de Gaza.

En plus de la déclaration de censure, Alisse Waterston, présidente de l’AAA, et Edward Liebow, directeur exécutif, ont adressé un courrier à Naftali Bennet, le ministre de l’Éducation israélien, pour lui demander d’abandonner « la politique et les pratiques de son ministère qui conduisent à des menaces pour la liberté académique et les droits de l’homme de ces universitaires et étudiants ».

Ces actions sont fondées sur la position que même si, par une faible majorité, les adhérents de l’AAA ont voté contre le boycott des institutions académiques israéliennes (2423 membres se sont opposés à la mesure de boycott, contre 2384 qui l’ont approuvée), il existe un large consensus parmi ses membres qu’Israël viole les libertés académiques palestiniennes, et qu’il est de la responsabilité de l’association de décider d’une action. Cette position de consensus a été déclarée dans un communiqué de presse de l’AAA (du 7 juin 2016) à la suite du vote de la résolution de boycott : « Les membres de l’AAA sont dans l’ensemble d’accord que de graves menaces à la liberté académique et aux droits de l’homme ont été signalées en Israël-Palestine, résultant de la politique et des pratiques du gouvernement israélien, et que l’AAA se doit de réagir à ces menaces ».