Israël lie l’aide à Gaza pour le coronavirus à la récupération de soldats


JERUSALEM (Reuters) - Mercredi, Israël a lié toute assistance qu’il pourrait offrir aux efforts contre le coronavirus dans la Bande de Gaza à une avancée dans sa tentative pour retrouver deux soldats israéliens perdus dans l’enclave palestinienne pendant la guerre de 2014.

Enfermée dans un blocus et appauvrie, Gaza, dirigée par le Hamas islamiste, a rapporté 12 cas de coronavirus et les autorités s’inquiètent de ce que les établissements de santé locaux — avec seulement 96 respirateurs pour une population de 2 millions de personnes — soient insuffisants pour contenir la contagion.

Tant Israël que le Hamas ont fermé la frontière de Gaza à toute circulation non-essentielle par précaution contre l’expansion de l’infection. Mais alors que les autorités de Gaza lancent des appels à l’assistance humanitaire internationale, Israël pèse sa participation.

« Dès lors qu’il est question du monde humanitaire à Gaza — Israël a aussi des besoins humanitaires, qui sont principalement la récupération des morts », a dit à des reporters le ministre de la Défense Naftali Bennett, en référence à un officier d’infanterie et à un appelé qui furent tués pendant la guerre de 2014 et dont les dépouilles sont conservées par le Hamas.

« Et je pense que nous devons entamer un dialogue plus large à propos des besoins humanitaires, ceux de Gaza et les nôtres. Ce ne serait pas correct de déconnecter ces choses — et certainement, nos coeurs seraient ouverts à beaucoup de choses ».

Il n’était pas immédiatement clair si Bennett parlait d’une condition possible pour qu’Israël fournisse une aide directe ou pour qu’il facilite aussi le transfert d’autres aides à travers sa frontière avec Gaza.

Les responsables palestiniens ont dit mercredi que 1500 kits de tests pour le coronavirus seraient acheminés à Gaza avec l’aide de l’Organisation mondiale de la santé, après avoir été offerts par l’administration palestinienne de Cisjordanie occupée par Israël.

Hamas n’a jamais fait de déclaration sur le sort des deux soldats israéliens —s’ils sont vivants ou morts—, mais n’a pas non plus fourni un signe de vie d’eux, comme il l’a fait dans un cas précédent analogue.

Hamas a déclaré que rendre les deux soldats — ainsi que deux civils israéliens qui ont traversé dans le territoire — nécessiterait de négocier un échange de prisonniers et que ce ne serait pas fait en échange d’une aide humanitaire.

« Israël porte la responsabilité de toutes les conséquences, au cas où la maladie s’étendrait dans Gaza, parce qu’il lui a imposé un blocus depuis 13 ans », a dit le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum.

« Un marché pour un échange de prisonniers est une autre voie », a-t-il dit.

Israël a dans le passé libéré des centaines de Palestiniens emprisonnés, dont beaucoup de militants, en échange pour la récupération de moins d’une dizaine d’Israéliens abattus ou capturés.

Bennett a exprimé clairement qu’il n’accepterait pas d’autre libération de militants palestiniens à l’avenir.

Reportage, Dan Williams et Nidal al-Mughrabi ; rédaction par Dan Williams, éditée par William Maclean