Israël et les forces menées par l’Arabie saoudite tapés sur les doigts pour la mort des enfants dans un rapport des Nations unies

| Reuters pour Haaretz | Traduction CG pour l’AURDIP |

Un rapport affirme que le nombre d’enfants palestiniens tués ou blessés l’an dernier, principalement par l’armée israélienne, a été le plus élevé depuis 2014 ■ La coalition dirigée par Riyadh est responsable de près de la moitié du total des enfants blessés ou tués au Yémen.


Une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite et combattant au Yémen a tué ou blessé 729 enfants en 2018, soit près de la moitié des victimes mineures, a déclaré le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dans un rapport vendredi dernier au Conseil de sécurité, qui a mis la coalition sur sa liste noire pour la troisième fois.

Guterres a aussi indiqué que le nombre d’enfants palestiniens tués ou blessés l’an dernier, principalement par l’armée israélienne, a été le plus élevé depuis 2014, bien qu’aucun groupe impliqué n’ait été mis sur la liste noire de l’annexe au rapport annuel « Les enfants dans les conflits armés », qui a été consulté par Reuters.

Le rapport, qui ne soumet à aucune action effective les groupes listés, mais tente de leur faire honte dans l’espoir de les pousser à implémenter des mesures afin de protéger les enfants, a été longtemps controversé, des diplomates affirmant que l’Arabie saoudite et Israël exerçaient tous deux des pressions ces dernières années afin de rester en dehors de la liste.

La délégation israélienne aux Nations unies n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires sur ce dernier rapport. En 2015 les Nations unies avaient laissé Israël et le groupe militant palestinien Hamas en dehors de la liste noire, alors qu’ils étaient inclus dans une première version, mais avaient critiqué Israël pour ses opérations militaires de 2014. Israël avait nié alors tout lobbying à ce propos vis-à-vis du Secrétaire général Ban Ki-moon.

L’ambassadeur saoudien aux Nations unies, Abdallah Al-Mouallimi, a dit que le rapport reconnaît les mesures prises par la coalition pour sauvegarder les enfants, notant que « la vie de tout enfant est précieuse ». Mais il a aussi mis en doute les sources et l’exactitude du rapport, décrivant les chiffres donnés comme « exagérés ».

La coalition avait été brièvement ajoutée à la liste noire en 2016, puis enlevée par Ban en attente d’un examen supplémentaire. A l’époque, Ban avait accusé l’Arabie saoudite d’exercer une pression excessive et « inacceptable », des sources ayant déclaré à Reuters que Riyadh menaçait de couper des subventions aux Nations unies. L’Arabie saoudite avait nié avoir menacé Ban.

Dans une tentative pour étouffer la controverse autour du rapport, la liste noire publiée en 2017 par
Guterres était découpée en deux catégories. L’une d’elles listait les groupes ayant mis en place des mesures pour protéger les enfants et l’autre ceux qui ne l’avaient pas fait.

La liste noire soumise au Conseil de sécurité vendredi inclut la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite et les forces du gouvernement du Yémen sur la première liste et le groupe rebelle Houthi allié de l’Iran, les milices pro-gouvernement du Yémen, la brigade al-Hizam et Al Qaeda sur la péninsule arabe sur la deuxième liste.

Le rapport des Nations unies dit que les Houthis ont tué ou blessé 398 enfants et que les forces du gouvernement du Yémen ont fait 58 victimes parmi les enfants.

« Je condamne le nombre croissant des victimes mineures qui sont souvent le résultat d’attaques dans des zones densément peuplées et contre des objectifs civils, dont des écoles et des hôpitaux », dit Guterres dans le rapport, rédigé par la déléguée des Nations unies pour la mission « Enfants dans les conflits armés », Virginia Gamba, et publié sous le nom de Guterres.

« L’augmentation du nombre des enfants parmi les victimes attribuées aux forces du gouvernement et à la coalition, et le meurtre et la mutilation continuels des enfants par la Résistance populaire sont de plus en plus inquiétants », dit le rapport.

L’an dernier, le rapport indiquait que 59 enfants palestiniens avaient été tués, dont 56 par l’armée israélienne, et que 2756 avaient été blessés, ainsi que six enfants israéliens. Selon le rapport, l’armée israélienne avait blessé environ 2674 enfants « dans le contexte de manifestations, d’affrontements, d’opérations de perquisition et d’arrestation ». Guterres incitait « Israël à mettre immédiatement en place des mesures préventives et protectrices pour mettre fin à l’usage excessif de la force » et « tous les acteurs palestiniens à s’interdire d’encourager la participation des enfants à la violence ».

Le rapport annuel sur les enfants et les conflits armés est produit à la requête du Conseil de sécurité des Nations unies.

« En Afghanistan, le nombre des victimes mineures est resté le nombre le plus élevé de ce type dans le présent rapport (3062), les enfants représentent 28% de toutes les victimes civiles. Dans la République arabe syrienne, les frappes aériennes, les bombes barils et les munitions à fragmentation ont causé 1854 victimes parmi les enfants », dit le rapport.