Écrire une histoire tue. Le massacre de Sabra et Chatila dans la littérature et l’art

| Sandra Barrère pour classiques-garnier |

Après un bilan historiographique, cet ouvrage de Sandra Barrère étudie les récits et poétiques relatives au massacre perpétré dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth en septembre 1982, à travers quatorze œuvres évoquant cet événement à la fois fameux et passé sous silence.


Écrire une histoire tue. Le massacre de Sabra et Chatila dans la littérature et l’art.
Sandra Barrère.
Classiques Garnier (Collection Littérature, histoire, politique, n° 52), 2022. 578 pages.
Broché : 25€.
Relié : 74€

Parution le 28 décembre 2022

ISBN : 978-2-406-14105-1
EAN : 9782406141051
ISSN : 2259-9479

Résumé :
La recherche entend interroger les fonctions de la littérature et de l’art relativement à un événement violent qui fait l’objet d’un tabou, à savoir le massacre perpétré dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila (16-18 septembre 1982), à Beyrouth. Elle s’y applique à partir d’un présupposé : il n’y a pas seulement effraction du réel dans l’art, l’art est le temps à l’œuvre (P. Ricœur, A. Compagnon). La démarche part du constat d’un triple déficit d’histoire, de culte des morts et de justice. Il s’agit d’un événement tu : on le dira tabou. Par ailleurs, elle prend acte de l’émergence d’un corpus d’œuvres dans les champs de la littérature, du cinéma, de l’art contemporain. Dès lors, la recherche entend ausculter les fonctions politiques de la poétique (J. Rancière). Plusieurs hypothèses sont formulées qui ensemble signalent le caractère à la fois transitif et performatif de l’art et de la littérature : d’une part, au regard d’une vérité non avérée dans les livres d’histoire, et du mal de vérité qui en résulte (C. Coquio), les œuvres ont vocation à dire ce que l’histoire tait (I. Jablonka, E. Bouju, A. Imhoff, K. Quirós) ; d’autre part, les victimes n’ayant pas été enterrées, les œuvres déposent une stèle à l’endroit de son manque, rétablissant des égalités en direction de corps qui ne comptent pas (J. Butler) ; enfin, face à une irrésolution judiciaire qui signe le caractère indécidable de l’événement, elles opèrent, par leurs médiations symboliques, la clinique non seulement de l’humain, mais aussi du langage et de l’autorité du sens (A. Gefen, C. Coquio).Située au croisement des études postcoloniales et des études de genre, la recherche examine la politicité de la littérature et de l’art à partir d’un corpus de 14 œuvres prélevées aussi bien à l’épicentre qu’aux périphéries de l’événement.

Plus d’infos :

- Film Massaker
Un film de Monika Borgmann, Lokman Slim & Hermann Theissen
Distributeur : Zootrope Films

- Un entretien avec Monika Borgmann et Lokman Slim à propos du film “Massaker. Sabra et Chatila par ses bourreaux”.
Propos recueillis par Sandra Barrère

- Lokman Slim : « Comme sous la paupière d’un néant qui sommeille »

- "Assassinat de Lokman Slim (1962-2021), hommage de la communauté scientifique"

- "Écrire une histoire tue : le massacre de Sabra et Chatila dans la littérature et l’art", thèse de Sandra Barrière.

- "Une chercheuse française obtient un doctorat pour une thèse sur le massacre de Sabra et Chatila dans la littérature et l’art"

- "Sabra et Chatila 1982. Ce que l’art vient faire dans l’histoire"

- "Massacre de Sabra et Chatila, égalité filles-garçons. Ce que cherche Sandra Barrère (Univ Bx Mont.)", "La Clé des Ondes", radio libre, Bordeaux. Émission "Des Gens Qui Cherchent", 15/02/2021, 44mn