Des législateurs US exhortent Obama à agir contre les mauvais traitements envers les enfants palestiniens

| Nora Barrows-Friedman pour The Electronic Intifada | Traduction BP pour l’AURDIP |

Alors que le président US Barack Obama se prépare à offrir un lot record de plusieurs milliards de dollars d’aides militaires à Israël, vingt membres démocrates du Congrès lui disent qu’il doit envoyer un « signal clair » aux enfants palestiniens leur disant que leurs vies sont précieuses.

Dans une lettre initiée par Betty McCollum, membre du Congrès, du Minnesota, et adressée lundi à Obama, les législateurs exhortent le président à nommer un envoyé spécial pour la protection des droits des enfants palestiniens sous l’occupation israélienne.

Ils se disent « profondément préoccupés » par les mauvais traitements continuels d’Israël envers les enfants palestiniens, particulièrement lors de leurs arrestations, interrogatoires et emprisonnements, ajoutant que « se désintéresser du traumatisme que subissent des millions d’enfants palestiniens, c’est saper nos valeurs américaines ».

La campagne No Way to Treat a Child (Ce n’est pas une façon de traiter un enfant) – conduite par Defense for Children International-Palestine et l’American Friends Service Committee – pense que la lettre est le résultat d’un militantisme populaire, car ce sont plus de 27 000 personnes qui « ont pris contact avec… les législateurs le mois dernier, les exhortant à prendre position ».

McCollum et certains de ses collègues avaient lancé l’an dernier un appel similaire au secrétaire d’Etat John Kerry.

La lettre avance des preuves réunies par des organisations des droits de l’homme démontrant que les trois quarts des enfants palestiniens détenus par les forces israéliennes sont victimes d’une certaine forme de violence physique après leur arrestation.

Parmi ces organisations : Human Rights Watch, et le groupe international pour la protection de l’enfance UNICEF.

Les législateurs condamnent également l’usage par Israël de la détention administrative – pratique consistant à emprisonner les Palestiniens pour une durée indéterminée sans inculpation ni procès – contre les enfants.

« De tels mauvais traitements flagrants sont inacceptables et contraires aux intérêts et valeurs des États-Unis », déclare la lettre. « La situation sur le terrain se détériore rapidement et nous devons agir sans attendre. Fin février, il y avait 440 enfants palestiniens dans les prisons militaires israéliens ».

Parmi les vingt députés à avoir signé la lettre, il y a neuf membres du Congressional Black Caucus (Caucus noir du Congrès) : John Conyers du Michigan, Barbara Lee de Californie, Bobby Rush et Danny Davis de l’Illinois, Keith Ellison du Minnesota, Andre Carson de l’Indiana, Eddie Bernice Johnson du Texas, Henri « Hank » Johnson de Georgie, et Yvette Clarke de New York.

Bien qu’elle porte, de façon exceptionnelle, des critiques sévères contre les mauvais traitements d’Israël envers les enfants palestiniens, la lettre du Congrès n’en affirme pas moins son soutien à la « sécurité » d’Israël et à « la politique US qui fait progresser la sécurité d’Israël ».

Defense for Children International-Palestine rapportait en février qu’entre 500 et 700 enfants palestiniens étaient poursuivis devant les tribunaux militaires israéliens chaque année.

No Way to Treat a Childa produit une vidéo, en tête de cet article, filmée dans le cadre de leur campagne en cours #700ChildPrisoners, qui vise à montrer et à contester la violence systématique d’Israël envers les enfants palestiniens.

« Une initiative audacieuse »

La campagne No Way to Treat a Child dit « se féliciter de cette audacieuse initiative qui porte les droits humains des enfants palestiniens au niveau d’un statut prioritaire dans les relations bilatérales des États-Unis avec Israël ».

Brad Parker, avocat du groupe et responsable juridique international de DCI-Palestine, déclare dans un communiqué que les membres du Congrès qui ont signé la lettre « reconnaissent que les jeunes Américains témoignent de plus en plus de sympathie à l’égard des Palestiniens et qu’ils ont réagi en exigeant justice et égalité pour les enfants palestiniens ».

« En faisant ainsi, les législateurs récusent un "processus de paix" qui dure depuis des décennies sous l’égide des États-Unis, qui a sans cesse exigé la paix, mais sans la justice », ajoute Parker.