Des étudiants de Gaza bloqués pour aller étudier à l’étranger


Quelque 450 universitaires d’Israël ont déjà signé une pétition (en hébreu) appelant le gouvernement israélien et la Coordination des activités gouvernementales dans les Territoires [occupés] (COGAT) de prendre des mesures immédiates pour permettre aux étudiants de Gaza de sortir de la Bande de Gaza afin de rejoindre leurs institutions universitaires à l’étranger. La pétition a été lancée et rédigée par le bureau de Gisha, dans le contexte d’une interdiction persistante d’Israël de presque tous les passages via le poste-frontière d’Erez.

Depuis mars 2020, les autorités israéliennes n’ont accepté de traiter les demandes de permis que dans des circonstances encore plus rares et en plus petit nombre qu’auparavant, permettant seulement à quelques patients nécessitant un traitement médical urgent et à leurs accompagnants, ainsi qu’à une poignée d’autres cas, de sortir de la Bande. Parmi les personnes touchées par ce verrouillage persistant à Erez figurent les étudiants, y compris les étudiants diplômés avec des bourses substantielles, inscrits dans des institutions universitaires à l’étranger qui exigent leur participation en personne. Avant que la fermeture ne soit encore renforcée en mars, les étudiants dans cette situation remplissaient les stricts critères d’Israël pour voyager, une des rares exceptions aux larges restrictions de déplacement que le pays a appliquées bien avant la pandémie. Le point de passage de Rafah est complètement fermé.

La pétition des universitaires déclare que : « L’accès à un enseignement supérieur de qualité est essentiel dans toute société. […] Nous pensons qu’empêcher les étudiants de Gaza de sortir de la Bande à cause de la pandémie de coronavirus, sans aucune justification due à la sécurité, pour une telle période de temps, prolongée et indéfinie, est une politique abusive et immorale. »

Le 7 janvier, Gisha a envoyé à la COGAT une lettre (en hébreu) sur cette question, indiquant les noms de huit étudiants qui ont demandé une aide urgente à Gisha. Ces étudiants sont tous tenus d’arriver à leur campus en janvier. Cette semaine, Gisah a aussi soumis une requête à la Cour de district de Jérusalem (en hébreu) au nom d’une doctorante qui a besoin de sortir de la Bande de Gaza pour poursuivre ses études en Jordanie. Une audition sur son cas est prévue la semaine prochaine.

Gisha


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Israël doit permettre aux étudiants et étudiantes de Gaza de voyager à l’étranger

Au gouvernement d’Israël,

Selon l’information reçue par l’organisation de défense des droits humains Gisha, il est venu à notre attention que depuis le déclenchement de la pandémie de coronavirus en mars 2020, Israël a empêché les étudiants palestiniens de Gaza de sortir de la Bande de Gaza par le poste-frontière d’Erez afin de rejoindre leurs établissements d’études universitaires à l’étranger. En tant qu’universitaires d’institutions du monde entier, nous nous opposons avec force à cette atteinte aux droits fondamentaux des étudiants. Nous appelons le gouvernement d’Israël à prendre des mesures immédiates pour permettre aux étudiants de sortir de Gaza par le poste-frontière d’Erez.

L’accès à l’éducation est un droit humain fondamental. L’accès à l’enseignement supérieur, dans tous les champs académiques, est un prérequis pour que les jeunes gens développent leurs compétences personnelles et professionnelles, élargissent leur horizon et réalisent leurs ambitions personnelles.

L’accès aux études universitaires est crucial pour toute société. A Gaza, où les opportunités pour étudier certains sujets, ou pour certains diplômes spécifiques, sont limitées, en partie à cause des restrictions de déplacement israéliens, l’accès des étudiants et étudiantes à une formation universitaire hors de la Bande de Gaza est absolument vital pour qu’ils puissent étudier et recevoir une formation dans le domaine de leur choix.

Israël est conscient de la nature limitée des diplômes offerts à Gaza et, avant mars 2020, permettait à quelques étudiants de Gaza de sortir de la Bande via le poste-frontière d’Erez, une des rares exceptions aux larges restrictions de voyager appliquées plus généralement par Israël aux résidents de Gaza. En ce moment, le point de passage de Rafah, avec l’Egypte, est fermé. L’Egypte devrait aussi permettre l’accès, mais, étant donné la fermeture du point de passage et les obligations accrues d’Israël vis-à-vis des résidents de Gaza, obligations nées de son contrôle effectif sur la Bande, Israël doit permettre le voyage à travers son propre territoire.

Nous pensons que bloquer la sortie des étudiants de Gaza vers l’étranger à cause de la pandémie de coronavirus d’une manière aussi considérable et indéfinie est illicite et injuste. Les restrictions sur les déplacements relatives à la pandémie ont eu des répercussions sur toute la communauté universitaire internationale, tant enseignants qu’étudiants. Une interdiction générale de voyager, sans considération des circonstances sépcifiques des étudiants individuellement, et particulièrement sans prendre en compte les besoins de Gaza, va trop loin. Nous appelons le gouvernement d’Israël à prendre des mesures immédiates pour permettre aux étudiants et étudiantes de sortir de Gaza par le poste-frontière d’Erez, afin de pouvoir mettre en pratique leur droit à recevoir un enseignement universitaire dans des institutions du monde entier.

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