Liberté pour Lara Alqasem, l’étudiante américaine arrêtée à l’aéroport Ben Gourion

Lara Alqasem doit être libérée et la police secrète anti boycott qui traque les idées, éliminée

Lara Alqasem, une étudiante américaine de 22 ans qui est arrivée en Israël la semaine dernière pour entreprendre un master à l’Université Hébraïque, entame lundi son sixième jour de détention à l’aéroport Ben Gourion. Son « délit », selon le ministère des Affaires Stratégiques, est, alors qu’elle était en licence en Floride, d’avoir présidé la section de cet état d’un groupe qui encourage au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre Israël, comme moyen de lutter contre l’occupation.

Un rapport spécial du ministère sur ses activités politiques, exagérément qualifié de « sensible » inclut une information issue de cinq pages internet. Quatre d’entre elles viennent de Facebook et la cinquième vient d’un site internet appelé Canary Mission, qui exerce une honteuse surveillance civile sur des militants de gauche sur les campus des collèges universitaires américains. Selon la même information « sensible », lorsque Alqasem était membre de la section, qui comptait moins de dix membres, le groupe a promu le boycott d’une marque israélienne de Houmous, soutenu la pétition d’un auteur contre le financement par Israël d’un centre culturel et appelé une entreprise internationale de sécurité à cesser ses activités en Israël.

On a peine à croire que ce genre de raisons ridicules soient utilisées par un ministère gouvernemental, dirigé par le ministre anti boycott Gilad Erdan, pour justifier l’expulsion et la longue détention de l’étudiante. Dans son témoignage en cour d’appel (qui a rejeté sa demande de rester), elle a dit : « Je ne soutiens pas BDS. Si c’était le cas, je ne pourrais pas venir en Israël comme étudiante ». Alqasem a ensuite déclaré que pendant son séjour en Israël elle n’appellerait pas au boycott ni ne participerait à des activités de BDS. Pour autant, elle reste en garde à vue et son expulsion est prévue, en attendant un second appel qu’elle a interjeté près le Tribunal du district de Tel Aviv.

Mais Alqasem ne devrait avoir à s’engager sur quoi que ce soit. Le boycott est un moyen légitime d’expression de protestations politiques dans un pays démocratique, qu’il s’agisse des citoyens de ce pays ou d’étrangers munis d’un visa d’entrée. L’Université Hébraïque, qui soutient Alqasem, et les députés du Meretz auxquels on a interdit de venir la voir, méritent des félicitations.

L’amendement à la loi régissant l’entrée en Israël, introduit par le député Roy Folkman (parti Koulanou), qui bloque l’entrée de ceux qui soutiennent le boycott d’Israël ou des colonies, est né dans le péché et devrait être abrogé. Le critère de limite du refus d’entrée aux « militants-clef » n’est pas une consolation. Alqasem, qui de toute façon n’était pas une « militante-clef », devrait être libérée immédiatement et la police secrète d’Erdan qui traque les idées, éliminée.

Cela doit être fait avant que des militants du boycott aient d’excellentes raisons d’appeler Israël un pays arriéré.

L’article ci-dessus est l’éditorial de Haaretz, publié dans les éditions en hébreu et en anglais en Israël.

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